L'ECUSSON DE LA PROVINCE DE QUEBEC
Cinquième élément.
C'est un écusson qui se montre à nous sur la croix de Gaspé.
Le vieux drapeau français portait, de droit, un écusson. Louis XIV en fait mention dans son édit de 1661 : "Il veut et ordonne qu'ils (navires marchands) arborent seulement l'ancien pavillon de la nation française... avec l'écusson des armes de sa majesté".
L'écusson fait donc partie de Vidée complexe de drapeau.
L'écusson, c'est l'actualité, c'est le vivant emblème du présent, c'est le régime.
Le bon seus veut que, par suite, nous laissions de côté tout écusson d'un autre âge, d'un autre régime, pour prendre l'écusson du jour, pour prendre notre écusson, l'écusson de la province de Québec.
Il n'y a pas à dire : "Cet écusson est trop
anglais ; c'est un lion d'Angleterre qui le domine !"
Il n'y a pas un bon sens anglais et un bon sens français : la logique fait abstraction des nationalités.
Nous sommes Canadiens-français, mais sujets britanniques : c'est un grand bon sens que de se connaître soi-même et de savoir accepter une situation dont on n'est pas l'auteur.
L'Angleterre mal renseignée se défie du Canadien-français ; elle a tort ; le Canadienfrançais, le plus loyal des sujets britaniques, fait bien de la désabuser.
Faire preuve de loyauté, sans servilisme, ne peut être qu'utile. La froideur anglaise à notre égard, nous vaut mieux, par le temps qui court, que la rage satanique qui fermerait nos couvents et nos écoles, si la province de Québec était sous le régime des Combes ou des maçons de même farine.
Rameau détaché de la France, nous avions
besoin de protection ; l'Angleterre étant devenue
le véhicule des voies providentielles à notre
égard, nous devons en conserver la mémoire.
Sans doute que la séparation ne s'est point
faite sans larmes et sans combats, mais la situation, dans son ensemble, s'améliore un peu tous les jouis :
Un jour, notre bannière auguste
Devant lui (le drap, anglais) dut se replier ;
Mais alors s'il nous fut injuste
Il a su le faire oublier.
Et si maintenant son pli vibre A nos remparts jadis Gaulois, C'est au moins sur un peuple libre Qui n'a rien perdu de ses droits. (I)
Le lion ''qui passe et qui regarde", dans notre ecusson, c'est l'acte de loyauté.
L'Angleterre reconnaissant quelque chose, d'elle, dans le drapeau canadien-français, lui voudra du bien et dira : "Laissez passer". Elle le diia d'autant plus qu'elle nous sait citez nous, ici !
La province de Québec, cœur et centre de la race canadienne-française doit songer à elle» même dabord et chercher, avant tout, ce qui la vivifie, ce qui la fortifie, ce qui convient à sa marche constitutionnelle. Les Canadiensfrançais des autres provinces n'auront qu'à se faire un drapeau sans écusson !
L'immense majorité de ceux que nous avons consultés et qui sont en faveur du fleurai) Légende, de L. Frécaette, p. 316-
delisé, plus haut décrit, sont également en faveur de l'écusson de la province s'ir le drapeau canadien français.
llo