‹ Le Drapeau canadien-françaisChapitre 6 sur 16 · A. B. ROUTHIER · texte numérisé non relu

A. B. ROUTHIER

Le caractère originel de la mission religieuse des Canadiens-français est encore bien marqué dans ces vers de Mr. L. Fréchette (1)

(1) Epitre à la mémoire de F. X. Garneau 1882a

Hommes de fer, altiers de cœur et de stature, Ils ont sous l'œil de Dieu, fait voile à l'aventure, Cherchant dans les secrets de l'Océan brumeux, Non pas les bonis dorés à" eldorados fameux, Mais un sol où planter, signes de délivrance, A côté de la Croix, le drapeau de la France.

Le drapeau de Carillon, cependant, annonce, qu'au besoin, les vaillants de la croix et de l'idée sont aussi les vaillants de l'épée !

Ajoutons que ce drapeau — dont l'azur est douteux — présente lui aussi à notre attention les fleurs de lis, fleurs consacrées pur le sang des héros, dernier legs des derniers Français, de la Nouvelle-France primitive, aux premiers Canadiens-français.

Après cent cinquante ans de vie nationale, l'azur ne s'est pas effacé et les fleurs ne se sont pas fanées.

Témoins, nos poètes !

C'est Chapman qui dit en parlant de la mère-patrie :

Et rien n'émeut nos cœurs comme son vieux drapeau !

N'est-ce pas de ce même drapeau que l'auteur de la Légende d'un peuple a dit :

Ah, celui-là, c'est autre chose, Il faut le baiser à genoux !

Le patriotisme canadien-français, du reste, s'est chargé de conserver idéalement la mémoire de la couleur primitive et des premiers emblèmes, lorsqu'il a consacré la formule : Je me souviens !

L'azur, voilà donc pour le canadien-français, la couleur historique, la couleur véritablement nationale. L'esprit de parti va-t-il s'en effrayer ? S'il est bleu, cet esprit, il n'a pas raison de se prévaloir ; s'il est rouge, cet esprit, il n'a pas raison de s'insurger, ces dénominations politiques étant originairement étrangères à la couleur du vieux drapeau.

LE CASTOR et la FEUILLE D'ERABLE

ou

Troisième et Quatrième éléments du drapeau eanadien=français.

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