‹ Le Drapeau canadien-françaisChapitre 5 sur 16 · OIT · texte numérisé non relu

OIT

Les deux premiers éléments du drapeau Canadien-français.

Lorsque Jacques Cartier prit possession du Canada, au nom de la France, à Gaspé, en 1534, il fit planter une croix, et, au milieu de cette croix, berceau idéal de notre nationalité, il fixa un écusson azur fleurdelisé !

uLe vingt-quatrième jour de juillet, dit Jacques Cartier, dans ses Mémoires (1), nous fîmes faire une croix haute de trente pieds, et fut faite en la présence de plusieurs d'iceux (sauvages), sur la pointe de l'entrée de ce port (bassin de Gaspé), au milieu de laquelle nous mîmes un écusson relevé avec trois fleurs de lis.19

Prenant possession du Canada au nom de la France, Jacques Cartier devait tout naturellement choisir Técusson de France ; or il est admis de tous que cet écusson était d'azur à fleurs de lis d'or (2).

Telle fut donc au berceau la couleur, telles furent les fleurs ! Nous avons donc dès

(1) Page 18 de voyages de découverte.

(2) Lee drapeaux français, par Bouille, p. 65,

l'origine, l'azur champ du drapeau et les fleurs de lis, premier emblème.

Voilà le fait, voilà l'histoire ! Qui s'arrogera le droit d'ignorer ce fait ou de nier cette histoire ?

Voilà donc les éléments primordiaux du drapeau canadien-français, mis dans nos mains par l'histoire et par la Providence.

Cette couleur et ces fleurs nous reportent aux meilleurs temps de la France chrétienne, aux temps de la France chevaleresque de François 1er, de la France de saint Louis, de la France des croisades.

Par cette couleur et par ces fleurs, nous ressuscitons donc les vieilles traditions françaises, toutes imprégnées de foi, de zèle, de charité, traditions auxquelles nous sommes appelés à faire honneur.

Ces éléments sont donc religieux, à leur manière, et le drapeau qui les foule devient un drapeau religieux fondamentalement ; il le devient plus encore par opposition à plusieurs des idées nouvelles, idées qui ont fait et qui font encore tant de mal à la Fille aînée de l'Église.

Cet idéal de drapeau nous paraît donc assez beau, assez religieux ; travaillons à le réaliser avant de chercher à monter plus haut que la source historique.

Nous pourrions nous arrêter ici, relative-

ment à l'azur et aux fleurs de lis, car le point de départ, pour nous, c'est le berceau ! La Providence parle sans doute en tout temps, mais, s'il est, d'Elle, un discours plus important, plus significatif, plus symptomatique, c'est le discours, c'est le langage des origines !

Notons cependant que l'azur paraît de nouveau, dans la Nouvelle-France, au temps de Champlain et de ses successeurs, sous les Compagnies : cette couleur étant de droit la couleur des vaisseaux marchands.

Dans la Milice française, de Daniel, Vol 11., p. 734, nous lisons : "La marque des "vaisseaux marchands de la nation française "est un étendard face de bleu et de^ blanc (1) ; "il ne peut être tout blanc. Louis XIV par "ordonnance de 1661 défendit à tous les vaisseaux des particuliers de porter le pavillon "blanc qui est affecté à ses vaisseaux".

Au dixhuitième siècle, les représentants du roi avaient au Canada le drapeau blanc, la cavallerie avait le drapeau rouge, et les hommes de pied le drapeau azur. Nous devons ce dernier renseignement à Mr. Benjamin Suite.

Nous n'avons point mentionné le drapeau

(ij Le blanc prenait souvent alors la forme d'une croix.

de Carillon. Pourquoi ? Parce qu'il signale surtout une idée militaire et qu'il paraît à la dernière heure.

11 est trop loin du berceau pour faire un point de départ; trop loin du bu m au pour annoncer nos destinées Du reste, ce n'est pas dans une gloire militaire que notre peuple doit puiser ses inspirations, l'histoire le dit. Nous devons être des conquérants, oui, mais des conquérants pacifiques, de par la foi, de par la croix.

O Cartier î quelle joie en ton cœur a dû naître !

Quand vainqueur obstiné de la mer et des vents Tu voyais tes vaisseaux toucher enfin les grèves De ce pays immense, objet de tant de rêves Où bientôt ta patrie enverrait ses enfants. Tu venais de fonder une nouvelle France, Tu venais d'arracher un monde à l'ignorance, Et Satan éperdu s'enfuyait devant toi ! A l'horizon des temps, ton regard de prophète Voyait déjà flotter sur ta noble conquête Le drapeau de la France à l'ombre de lai^W.

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