Sur la médaille souvenir— guerre de
21. Sur la médaille souvenir de la capitulation de Montréal, 8 septembre 1760 ;
22. Sur la médaille souvenir de la cession du Canada à l'Angleterre, 1760.
Le castor paraît encore sur plusieurs de nos édifices publics et sur une multitude de drapeaux et de bannières ; il entre dans l'ornementation intérieure de nos salles publiques et dans une foule de décors i on le retrouve au delà de quarante fois dans la salle des séances au "Monument National". *
* * N'y a-t-il pas un parti politique qui s'est baptisé du Castor, parce qu'il prétendait être un parti National ?
Sous la domination franc lise, U y eut sept émissions de monnaie à l'effigie du castor, avec ces mots non inferiora metallis.
Nos ancêtres tenaient au castor, parcequ'il symbolisait bien l'extraordinaire indus* trie des habitants de la Nouvelle-France.
Dans un Mémoire écrit probablement par ^intendant Hocquart, en 1736, nous lisons au sujet de l'industrie canadienne- française : "Comme les arts ne sont pas gênés (dans la Nouvelle-France, par des maîtrises, et (que) dans les commencements de l'établissement de la colonie les (ouvriers) étaient rares, la nécessité les a rendus industrieux de génération en génération ; les habitants des campagnes manient très adroitement la hache ; ils font eux* mêmes la plupart des outils et ustensiles de labourage ; bâtissent leurs maisons, leurs granges ; plusieurs sont tisserands, font de grosses toiles qu'ils appellent droguet, dont ils se servent pour se vêtir eux et leur famille".
Cette admirable tradition de savoir faire ;
"t)e génération en génération", symbolisée par l'industrieux castor, fait assez voir l'à-propos du choix fait paî nos pères.
Le castor, sur le drapeau catiadien-fran=> çais, fera plus que continuer la tradition symbolique qui Ta rendu cher aux anciens, il nous prêchera, par son habileté légendaire, l'effort personnel, l'esprit d'initiative, et, pat* suite, une confiance légitime dans nos aptitudes natives ou traduites.
Faire disparaître le castor, c'est dire à l'histoire que nous ne savons plus nous suffire, c'est dire à nos fils que nous sommes plus petits que nos pères, que nous n'avons pas su conserver leur héritage, que, en un mot, nous avons dégénéré !
S'il en est un qui ait cette idée de là patrie contemporaine, qu'il se lève, et qu'il parle, s'il l'ose. Non, qu'il se taise plutôt A l'industrie de nos pères, nous avons ajouté l'industrie de la pensée qui engendre les lettres et qui façonne la parole ; a l'industrie de nos pères, nous avons ajouté les industries du cœur, en élevant à Dieu des tempes superbes^ en donnant aux vierges des cloîtres spacieux et en logeant les malades et les infirmes dans de nombreux Hôtels-Dieu ; nous avons ajouté à l'industrie de nos pères l'industrie des enfants de Japhet dont le zèle va chercher ad loin l'olivier sauvage pour le greffer à l'olivieï franc de l'Évangile '
Que nos fils soient plus grands que nous c'est dans Tordre, mais qu'il soit dit qu'à nous comme à nos pères, convient pour l'industrie* le même symbole !
Il y a mieux encore, historiquement, en faveur du castor.
En 1690, Phipps, vaincu devant Québec s'éloignait et retournait en Angleterre ; la Nouvelle-France, giâce à la valeur des siens, était délivrée. La M ère- Patrie, reconnaissante* devait conserver la mémoire de ce haut fait. Une médaille fut frappée ; elle portait en inscription : Francia in novo orbe victrix (la France victorieuse dans le Nouveau- Monde)* Kebeca liberata M. D. C. X. C(Québec délivrée 1690), Sur cette médaille, que voit-on, bien
en vue, au recto ? . -. un castor !
Le castor qui, jusqu'à cette époque, était surtout une monnaie (non inferiora metallis) devenait un signe !
Le castor à cette date reculée, a donc reçu de la Mère Patrie pour nous, sa consécration héraldique ou mieux, son caractère emblématique (1).
La couleur et les lis venaient du sol de France • il était juste qu'un nouvel emblème
(1) En ce jour de victoire française, un pavillon de la sainte Vierge flottait au cl03her de Québac.
sortit de la. terre canadienne de France I
Et, c'est cet indigène, notre premier né symbolique, que l'on est prêt à sacrifier en certains quartiers ! C'est le cas de le dire : Ignoti nulla cupido ; on ne se soucie guère en effet de ce que Ton ignore. Et c'est une des raisons pour lesquelles ce n'est pas à la jeunesse de résoudre des questions de ce genre, questions difficiles de leur nature.
Un tel symbole est devant Dieu, relativement parlant, aussi respectable qu'un symbole religieux, car si Dieu veut la Religion, il veut aussi la Patrie. 11 faut donc y songer deux fois avant de porter imprudemment la main sur un insigne national.
Le drapeau qui n'a pas de place pour le castor se condamne d'avance à n'être jamais un drapeau canadien -français.
Faites un drapeau sans castor, et, le jour où tombera le vent qui souffle, il faudra tout recommencer.
Le castor est donc, comme nous l'avons dit, de tradition universelle et antique. A ce titre, il fait donc partie de la chose nationale : pas de castor, pas de drapeau !