‹ Le drapeau de Carillon: drame historique en trois actes et deux tableauxChapitre 20 sur 31 · LES MÊMES, DE SÉRIGNY, ALICE, BLANCHE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, DE SÉRIGNY, ALICE, BLANCHE

DE SERIGNY, mtraut

je vous dérange, je crois, mais comme nous pouvons être obligés de nous éloigner bientôt de Québec, je n'ai pas voulu partir sans vous dire adieu ainsi qu'à mesdemoiselles Alice et Blanche.

j (Dumas sonne et Louise entre.)

' DUMAS

Dîtes à mesdemoiselles Alice et Blanche de venir au salon. {Louise sort.)

DUMAS

J'espëre, monsieur de Sérî^ny, que nous pourrons compter, cette fois, sur votre modération.

54 i,e; drapeau de carillon

DE SÉRIGNY

Pourquoi, Monsieur, cette observation {à part.) Que se passe-t-il ? (Les jeunes filles entrent^ de Sérigny va au-devant (Telles.)

DUMAS [à Clavet) Veuillez donc passer dans mon cabinet de travail, j'ai une question à vous poser. {Ils sortent.)

ALICE

Mes compliments ! Jacques, il paraît que vous vous êtes fort distingué dans la derniëre bataille !

DE SERIGNY

J'ai fait mon devoir.

ALICE

Il y a différentes manières de faire son devoir : froidement ou chaleureusement, avec toute son âme ou avec indifférence.

DE SÉRIGNY

Oui, de même qu'il y a différentes manières d'aimer. . . .laquelle préférez-vous?

ALICE

La vôtre.

Merci. . . .que voulez-vous?... .C'est l'effet du tempérament, chacun est ce que la nature Ta fait.

ALICE

Remerciez la nature alors..., la Providence plutôt.

DE SBRIGNY

Vous êtes charmante.

BLANCHE

Alice, tu es bien heureuse. . . .je commence à être jalouse.

DE SÉRIGNY

Vraiment. . . .je comprends. . .mais soyez sûre que j'exprime en ce moment des sentiments que le capitaine Murray éprouve pour vous.

BLANCHE, joyeuse En et es- vous bien sûr ?

ALICE

Tu le sais bien, ma coquine.

BLANCHE

On dit qu'il s'est fort distingué, lui aussi, dans la dernière bataille.

Certes, oui !. . . .EnVoilà un qui se moque des balles et des boulets ; il ne regarde pas même derrière lui pour voir si ses gens le suivent.

ALICE

Il dit la même chose de vous... .Ah! c'est une horrible chose que la guerre, mais elle fait ressortir tout ce qu'il y a de beau, de grand, d'héroïque chez l'homme !

DE SBRIGNY

Vous parlez comme une Jeanne d'Arc !

ALICE

Plût au ciel que je le fusse pour sauver notre malheureuse patrie !

BLANCHE

Tiens ! je t'embrasse, tu parles trop bien !

DE SÉRIGNY

Que ne puis-je en faire autant !

ALICE

Mon amour pour vous et votre patriotisme vous donneraient bien le droit de demander une pareille faveur ; mais, vous le savez, nous ne sommes même pas encore fiancés.

DE SERIGNY

A qui la faute ?

Je ne sais pas.

DE SÉRIGNY

Comment ! vous ne savez pas, maïs alors si j'osais vous demander le baiser des fiançailles?

ALICE

Osez.

DE SERIGNY, la baisaut au front

Ah ! quel bonheur. Qui oserait maintenant me disputer votre main ?

ALICE

Ne craignez rien. . .-.mais, n'oubliez pas qu'à l'avenir tout en faisant votre devoir de patriote et de soldat il faut que vous soyez plus prudent — votre vie n'appartient pas à vous seul.

DE SBRIGNY

Soyez tranquille, je vivrai pour votre bonheur et le mien,

ALICE

Mais il faut que notre engagement reste secret jusqu'au moment où mon père sera libre de donner son consentement.

DE SBRIGNY

Que voulez-vous dire ?

ALICE

Vous le saurez plus tard.

LOUISE, entrant Le capitaine Murray. . . .

Page 1