Adonc uns bourgeois honourablQS
Qui Jeans Maillars fut appelez, Qui estoit quartiers de ce lez, £t gardes d'un quart de la ville.
De la porte et de la Bastille, Bist au prevost, teste levée, Que jà clef n'en seroit livrée Audit Joseran pour certain, Bont li prevos ot grant desdain, .Et eurent paroles hautaines.
Jeans Maillars lors, les armes plaines Print du Roy, aux trois fleurs de lys Grians : Montjoye, Saint- Bénis !
Portans en ses poins la bannière Be France; et par bonne manière Va es halles; et à son cri Ghascuns ala, et le scvy Grians joyeusement : Montjoye !
Adonc li peuples se resjoye Quant il oient le cri crier Qu'on n'avoit osé publier Par longtemps au Roy et Régent.
La s'assemblèrent moult de gent; Et après où fut Jeans Maillars, Messires Pépins des Essars, Chevaliers, qui rien de s'emprise
Elle vit la fin de l'oriflamme, et elle lui survécut*. Cette bannière a un rapport frappant avec Técu royal de la maison de France, d'azur aux fleurs de lis d*or. A cause del'étroite union de la France avec la dynastie capétienne, ces armes, cette couleur
Ne savoit, ol bannière prise.
Et la portoit senblableotent, Crians Montjoie haultement, Au Roy et Régent, ce me semble.
Et ainsis se mirent ensemble En confort de leuriray seigneur.
Li prevos» qui et grant doleur Et despit de ce qu'il Tit iaire, En dissimulant print à braire Et crier corn les autres. deux :
Montjoie! Aussi si firent ceux Qui vers la Bastille eu aloient Saint-Ânttaioine, ou pluseurs couroient...
Poésies morales et historiques d'Eustache Desckamps, etc. Ed. Crapelel. Paris, 4832, ia-8", p. 238, 239, 240. Des inconvéniens qui avindrent à Paris par folie^ et débat entre le Prevot des marchans etceus de la ville. Extrait du Miroir du mariage^ Cf. Uey, t. II, p. 427.
h . Premièrement. Une selle couverte de veloux vermeil pour Toliflambe... Item, uti pannon de drap de Damaz asuré à trois grans fleurs de lis d'or de broderie, bordé de franges d'or et de Soye tout autour. Item, deux bannières de France^ pareilles audit pantion. » Choix de pièces inédites relatives au règne de Char^ les F/, publié pour la Société de rhistoire de France par L. Douet d'Ârcq. Paris, Renonard, 1864, 2 TOl. in-S», t. II,
de la maison royale doivent être de très-bonne heure, et presque dès l'origine, considérées comme les armes et la couleur de la nation. Au temps même où l'oriflamme avait le pas sur la bannière royale, la couleur nationale, on peut, je crois, l'affirmer, était non pas le rouge, mais l'azur. « On voit, dit M. Jal, dans l'atlas catalan de 1 375 et dans la carte du musée Bourbonien (1400), l'étendard bleu aux fleurs de lys d'or, flotter sur la ville de Paris, c'est-à-dire sur la France ^ )> Dans le manuscrit de Froissart du British Muséum^ une miniature nous présente un navire français pavoisé. Les pavillons sont d'azur aux fleurs de lis d'or. L'un deux, pourtant, chose curieuse, fait en forme de flamme à deux lan-
Comptes et inventaires. Inventaire de la grande écurie, 7 février 1421, n*»" 155, 242, 243, p. 394, 403. — Uluminated illustrations of Froissart^ etc. (MS. de Paris), planche XV. — Cf. Monlfaucon, t. m, pi. XXI, p. 84.
4. Mémoire sur les trois couleurs nationales^ par A. Jal, historiographe de la marine. Paris, imprimerie Lange Lévy. B. N. Imprimés, Li -*, n<* 9^ p. 6, 6, note. Tirage à part du Moniteur de Varmée, Cf. Atlas catalan B. N. Dép. des manusc, Armoire vitrée.
gués, est d'azur sans fleurs de lis*. Ce fait montre bien, ce me semble, que dès lors le nom de drapeau bleu peut, sans impropriété d'expression, s'appliquer à la bannière de France, qui, au surplus, dès l'origine, n'a pas été seulement la représentation sur étoffe de l'écu royal, mais une véritable enseigne, un étendard comme l'oriflamme, et le premier après elle.
Cette bannière, à la fois dynastique et nationale, ne doit pas être confondue, comme on Ta fait parfois à tort, avec la bannière propre de tel ou tel roi, portant ses couleurs et ses emblèmes particuliers. Le roi Charles VI, par exemple, quand il paraissait aux armées, faisait flotter, outre la bannière et les pennonsde France^ d'azur aux trois fleurs de lis d'or, son étendard personnel, de trois couleurs : blanc, rouge et noir, sur lequel était brodé le paon, son emblème*.
4. Illuminated illustrations of Froissart^ selected from the MS in theBritish Maseum, by H.N. Humphreys esq. London, Smith, 4844, in-4<>, B. N. Estampes^ planche IV.
2. a Item, un irès-riche estendart de trois couleurs : c'est assavoir blanc, rouge et noir, de satin double, à deuxgrans paons
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La seule variation que l'on puisse signaler sûrement, jusqu'à l'époque de Ciharles VI, dans la bannière de France, c'est, comme dans l'écu, la réduction à trois des fleurs de lis, jusqu'alors sans nombre, généralement attribuée à ce roi. Il ne se faudrait pourtant pas étonner de trouver des exemples antérieurs de cette réduction, comme on trouve aussi après ce règne des fleurs de lis sans nombre sur la bannière.
La forme la plus générale de cette bannière, sa forme propre, on peut le dire, c'est un morceau d'étoffe rectangulaire, d'abord plus large que long, puis carré, attaché d'un seul côté de la
lance, et sans queues, contrairement à l'oriflamme . qui plus généralement en est'pourvue. Aussi cette bannière ^n'a-t-elle jamais porté le nom dîoii' flamme. Son nom propre est bannière de France. Cependant celle que tient Louis le Gros est à trois
de broderie, Tun d'un costé^ Tautre d'autre, et semé de raix de souleil et de plumes de paon et de branches de geiieste, qui fu fait neuf pour le voyage de Bourges... Item, un estendart de satin des couleurs du roy, de bateure, à un paon. » Choix de 'pièces inéditeSy etc., parDouet d'Arcq, p. 397, 403. Inventaire de la grande écurie, n°" 483, 943.
queues et celle qui figure à la bataille de Poitiers dans le manuscrit de Froissart est en forme d'oriflamme à deux langues enroulées. Au reste, la bannière de France était accompagnée de drapeaux accessoires, appelés pennons de France, Le pennon, plus petit que la bannière, est un drapeau fourchu, ou plus étroit à l'extrémité que vers la lance ^
Ainsi, depuis l'origine de la monarchie jusqu'au règne de Charles VII, la France a eu, soit successivement, soit simultanément, trois étendards auxquels il est permis d'attribuer un caractère national.
1** En premier lieu, la première oriflamme^ don du pape Léon III à Gharlemagne, d'abord
appelée Romaine^ puis Montjoiey qui fut proba
L Cf. MS. fr. B. N. 40U8, p. 58, 119. MS. fr. 13568, p. 83. Jlluminated iUustralions of Froissart^ etc. (MS. de Paris), planche XV, id., id. (MS. duBritish Muséum), pi. Ill, IV, IX. Montfaucon, t. II, p. 48, pi. X, n° 3; irf., p. 156, pi. XXI, n° 3; id,, p. 298, pi. LIV; id., p. 334, pi. LX. Ms. fr. Bib. nat. 2643, fol. viii^v, ccvii, ccxviu, ccxxvi, cciiiixxiiii, eic*; Ms. 2644, fol. VliMli, CCLVï; Ms. 2646, fol. 58, 79, 153, 220, 245. — Voy. additions et rectifications n® 4, et planche II de nos dessins.
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blement portée, après le grand empereur, dans les armées des rois carolingiens ses successeurs, et peut-être même encore sous les deux ou trois premiers Capétiens. Les comtes d'Anjou en étaient les porteurs héréditaires, en qualité de grands sénéchaux.
2° La seconde oriflamme ou bannière de saint De7iis, portée par les rois de France, en qualité de comtes du Vexin, et, comme tels, vassaux de Tabbaye de Saint-Denis, étendard suprême des armées françaises jusqu'au temps de Charles VIL
3^ Conjointement avec la bannière de saint DeniSf la bannière de France^ premier étendard après l'oriflamme, d'azur aux fleurs de lis d'or, et que peut-être on peut, dès le milieu du 'S.Y siècle, qualifier de drapeau bleu.
Quoique le rouge fût la couleur de l'oriflamme, étendard suprême des armées françaises, la couleur ou livrée nationale de la France n'était point le rouge, mais le bleu.