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CHAPITRE PREMIER

Le Drapeau bleu k croix blanche.

J'arrive ici à la partie la plus ardue de mon travail, à celle qui, pour être traitée complètement et scientifiquement, demanderait le plus minutieux dépouillement des monuments écrits et figurés, et par conséquent un temps dont je ne dispose pas. C'est la période la plus curieuse, mais aussi la plus obscure, de l'histoire du drapeau de la France ; c'est l'histoire de la substitution, par gradations successives, du drapeau blanc au drapeau bleu. Elle s'étend sur une période de plus de trois siècles, depuis Charles VII

jusqu'à la Révolution française. Il m'est impossible ici d'être complet. Bien des points resteront dans l'ombre. Je ne pourrai même fournir autant de notes, autant de preuves que dans ma première partie, dont je suis bien loin pourtant de méconnaître les vides. J'affirmerai plus en prouvant moins. Je serai hardi dans mes conjectures. Mais

aussi n'ai-je promis qu'une esquisse, c'est-à-dire un travail" essentiellement imparfait, aux traits inégaux, et où il y aura certainement, après moi, beaucoup non-seulement à faire, njais à refaire. Je me J^orne à essayer de fixer quelques points où les érudits, les archéologues, pourront, je. crois, dussent-ils alors me prendre en faute, appuyer plus solidement leurs recherches à cet égard, que jusqu'à présent on ne l'a pu faire.

Aux xvn® et xviii* siècles, sous les règnes de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI, je trouve une disposition extrêmement curieuse des principaux pavillons de nos flottes de guerre. « Une armée navale, dit le P. Daniel *, est tou-

1. Milice françoiset t. II, liv. XIV, chap. XII, p. 739, 740.

jours composée de trois corps auxquels on donne le nom d'escadre... Chaque escadre a son

commandant. Le commandant de la première escadre se nomme amiral, et il porte son pavillon au grand mât, et c'est le général de l'armée. Le second se nomme vice-amiral, et il porte son pavillon au màt de misaine. Le troisième s'appelle contre-amiral, et il porte son pavillon au mât d'artimon... Chaque escadre a sa couleur, la première en France a la couleur blanche^ la se-

te

coude la couleur blanche et bleue^ et la troisième la couleur bleue... Le rang naturel des escadres est que l'escadre blanche, commandée immédiatement par le général, soit au milieu du corps de bataille, que l'escadre blanche et bleue soit à la droite, et l'escadre bleue soit à la gauchcé » M. Rey ^ ajoute une indication curieuse : t A Ouessant (37 juillet 1778) la flotte, composée de trente-deux vaisseaux, était sous le commandement général de l'amiral d'Orvilliers. Il montait la Bretagne^ vaisseau de cent dix canons, et

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