XIV
dans la joie ou dans le chagrin, au milieu de circonstances agréables ou douloureuses, c'est ce dont le public a le droit de se soucier peu. Si je pouvais penser qu'il fût utile, je serais payé de ma peine.
Je terminerai cette préface par une citation qui renferme un vœu. A cette heure troublée, où la France, chancelante encore, tâtonne dans»
Tombre à la recherche de sa destinée, où chacun, inquiet du lendemain, se demande si, après la délivrance, prochaine enfin, du territoire, nous ne songerons pas aussi à nous délivrer des erreurs, des préjugés, des passions, des discordes qui depuis longtemps nous oppriment, anxieux, comme tout bon français doit l'être, sur ce mystère de l'avenir et sur la fin de tant d'erages, je me suis adressé aux paroles subsistantes de la vierge sublime qui jadis sauva la patrie. J'ai voulu savoir d'elle où était le salut, le chemin du port. J'ai interrogé Jeanne d*Arc, et elle m'a répondu*.
^. Procès. Ed. Quicheral, 1. 111, p. 91, 92.
Elle était au château de Chinon, le lendemain de son arrivée, en conférence avec Charles VIL Le duc d*Alençon, prince du sang, gendre du duc d'Orléans chef de la branche cadette de la maison royale, revint, pour la voir, de Saint-Florent -lez- Saumur,où il chassait aux cailles. Quand il entra, la Pucelle demanda à ce nouveau venu qui il était, « C'est le duc d'Alençon » répondit le roi. « Voils, soyez le très-bien venu, » dit Jeanne au duc.
Et elle ajouta une de ces paroles soudaines, où sa vive intelligence, inspirée de Dieu, illuminait non-seulement le présent, mais l'avenir :