Daniel, t. I, p
gneurs et de gentilshommes volontaires. Le P. Daniel rapporte de ce fait un certain nombre d'exemples très- précis et très-concluants \
En outre, le colonel-général de l'infanterie, dès la création de cette charge, reçut aussi le privilège d'arborer le drapeau blanc. Il eut des compagnies colonelles qui passaient avant toutes
i . « Le pennon royal, auquel la cornette blanche a succédé, se portoit mênîe dans les armées où le Roi n'étoit pas en personne... Il en fut de même de la cornette blanche. L'exemple de Tarmée du duc de Joyeuse à la bataille de Coulras que j'ai... rapporté, où le roi Henri 111 n'éloit point, en fait foi : mais bien plus, il y avoit dans chaque armée royale une cornette blanche : car dans le môme tems que Henri IV serroit de fort près en personne avec sa principale armée celle du duc de Mayenne et du duc de Parme dans le pays de Caux, en 4592, les princes de Conti et de Montpensier avoieut dans la leur sur les frontières du Maine une cornette blanche portée jpar M. d'Achon qui fut fait prisonnier à la journée de Craon par le duc da Mercœur. Pareillement sous Charles IX à une défaite de M. de Sommerive qui étoit dans la Provence chef du parti catholique, ...d'Aubigné dit que M. de Sommerive perdit <31ettx mille hommes sur la place... abandonnant l'enseigne blanche^ et vingt-deux autres, etc. Mais ces cornettes blanches... n'étoient point la cornette royale ; c'étoient seulement celles du général.» Daniel, 1. 1, p. 522. Cf. p. 510 et p. 507. — Cf. Histoire universelle dn - &ïe\xr d'Aubigné. Amsterdam, MDCXXVI, in-foL, t. I, p. 243, liv. III, chap. Vlll, ann. 4562.
les autres. « Céâ compagnies, dit le P. Daniel, avant l'institution des régimens, étoient des compagnies franches et séparées, qui ne faisoient point corps avec d'autres : mais quand les régimens ftirent instituez, ces colonelles furent multipliées ; et ils en avoient une dans plusieurs régimens, (Jui était la première de chacun dé ces régimens : mais je croi que ce ne fut qu'aprèâ que le dilc d'Espernon fut fait colonel-général, qu'il y eut dans tous les régimens une compagnie colonelle, dont le colonel-général étoit capitaine. » Ces compagnies colonelles marchaient sous le drapeau blanc * •
En 1 661 , à la mort du second duc d'Epernon, Louis XIV supprima la charge de colonel-général de rinfBtnterie. Les maîtres de camp qui, jusqu'alors, avaient commandé les régiments souiâ l'autorité du colonel-général, prirent le titre de colonels. Les compagnies dont ils étaient les chefs directs eurent, dans chaque régiment, lé
4 . Daniel, t. I, p. 282, 283, et en général liv. IV, chap. vni. De la charge de coloml-général de l'infanterie française. Cf. t. II, p* 270.
pas Sur toutes les autres. Jusqu'à la fin de Tan- ' cienne monarchie, il y eut dans chaque régiment d'infanterie deux drapeaux différents : le drapeau particulier du régiment portant les couleurs particulières de la province dont le régiment portait le nom, ou la livrée du colonel, mais, sauf de très-rares exceptions, dont la raison, je crois, en y regardant de près, serait facile à rendre, ces couleurs, cette livrée, sont traversées par la croix blanche j ancienne marque de la nation : le second drapeau est le drapeau des compagnies colonelles, et il est blanc*.
Le colonel-général de la cavalerie légère reçut aussi le privilège d'arborer une cornette blanche, émanation de la cornette royale, avec laquelle on Ta quelquefois confondue, mais à tort, comme le P. Daniel le démontre très-bien, puisque de
i . Daniel, t. I, p. 285-287. Cf. Drapeaux de Vinfanteriey 4721 . B. N. Estampes^ coié Id 46. Dans ce recueil tous les drapeaux, quelle que soit leur couleur, ont la croix blanche. Les drapeaux de la colonelle générale, c'est-à-dire les drapeaux des compagnies colonelles, sont en taffetas blanc chargé d'une croix blanche. Cette croix se détache du fond à Taide d'une légère ligne bleue. Cf. Rey, t. II, p. 565, 566, 567.
son temps les deux charges de porte-cornette, l'une du roi, devenue une sinécure, l'autre de la . cavalerie légère, étaient parfaitement distinctes ef appartenaient à des titulaires différents \
De ce que je viens d'exposer, d'après le P. Daniel, jepuis, je crois, conclure que de François P'à Henri "IV, le pavillon national étant bleu et blanc, le pavillon de commandement dans les armées françaises était blanc. Quant à la forme de la cornette blanche, voici comme la décrit André Favyn : « La cornette est de mesme façon que la bannière, quarrée, mais longue, en guise d'estendart couppé de droict fil, et non en descendant comme faict la bannière '. ^p
4. Daniel, l. I, p. 509. Cf. p. 507, 608; l. II, p. 467-469. Cf. p. 445-457 et en général le livre Xll. Histoire de la, cavalerie légère^ etc.
2. André Favyn, 1. 1, p. 26. — ^Voy. additions et rectifications n^ 5 et planche lii de nos dessins.