‹ Le drapeau de la France: essai historiqueChapitre 34 sur 65 · MAÏ(QUE DISTINCT! VE · texte numérisé non relu

MAÏ(QUE DISTINCT! VE

10» Gomme il est nécessaire que chaque membre qui compose cette milice parisienne porte une marque distinctive, les couleurs de la Ville ont été adoptées par V Assemblée générale ; en conséquence chacun portera

la COCARDE BLEDE ET ROUGE.

Tout homme qui sera trouvé avec cette cocarde, sans avoir été enregistré dans l'un des districts, sera

remis à la justice du Comité permanent.

Le grand état-major réglera les distinctions ultélicures de tout genre.

11» Le quartier général de la milice parisienne sera constamment àTHôtel-de-Ville.

12** Les officiers composant le grand état-major auront séance au Comité permanent.

1 3** Il y aura seize corps de garde principaux pour chaque légion, et soixante corps de garde particuliers correspondans à chaque disirict.

1 4o Les patrouilles seront postées partout où il sera nécessaire, et la force de leur composition sera réglée par les chefs.

1 5o IJBS ariHes prises daas le corps de gatdô y seront laissées par chaque membre de la milice parisienne, à la fln de leur service^ et MM. les officiers en seront responsables*

16° D'après la composition arrêtée par le corps de la milice parisienne, chaque citoyen admis à défendre ses foyers voudra bien, tant que les circonstances l'exigeront, s'astreindre à faire sou service tous les quatre jours. ,

Fait è l'Hôtel-de-VîUiô de Paris, le 13 juillet 1789.

De Flesselles, Ethis de Corny, Veytard, iireffiei' en chef; M. le marquis de la.

Salle, Mw Tabbé Faughgt^ M. Tassîn, M. DE Leutre, m. Quatremère, m* Du-

MANGIN, M. GlROUST^ M. DUCLOS-DUFRES- NOY, M. MOREAU DE SaINT-MÉRY, M. De-

sissARTs, M. Hyon, m. le , Grand de Saïnt-René, m. Iëannin, M. Grêlé, commissaires du ComUé permanent (4 ) .

Le lendemain, 1 4 juillet, fut le jour de k prise de la Bastille. Le Roi, dès ce jour même, faiblit

1. Journal de Paris, numéro 496, mercredi 45 juillet 4789, p. 884, col. 2, p. 885. Cf. Bûchez, ouvrage cité, t. 1, p. 385, 386 (liV. ill, chap. ih). La cocarde verte fut, dit-on, abandonnée, parce qu'on s'apierçùt que le vert était la couleur particulière du comte d'Artois. Cf. Courrier d'Avignon du ihercredi 22 juillet 4789, n'^ 58, p. 239, col. 2^ « Oft vit Unéttlittee nombreuse sous les armes. Elle porioit d'abord une cociurde

et couvrit de sa sanction riostitutioA révolutionnaire de la garde parisienne^ par ces paroles adressées à une députation de l'Assemblée nationale :

w Je me feuis sans cessé octîupé de toutes les mesures propres à rétablir la tranquillité dans Paris. J'avais, en conséquence, donné ordre au prévôt des marchands et aux officiers municipaux de se rendre ici, pour concerter avec eux leâ diépositions nécessaires. Instruit depuis de la formation d'une garde bourgeoise, j'ai donné des ordres à des officiers généraux de se mettre à la tête de cette garde, afin de Taider de leur expérience et seconder le zèle des bons citoyens. J'ai également ordonné qUe les troupes qui feottt au Champ-de-Mars s'écârtetit de Pûtis. Les inquiétudes que vous me témoignez suî* les désordres de cette ville, doivent être dans tous les cœurs, et affligent vivement le mien. »

Louis XVI j cela semble résulter de ces paroles,

verte: elle la changea pour une cocarde rouge et blanche. » L'erreur du correspondant du Courrier d'Avignon : rôûge.M blanchie au iie^ de ronge H bleue,, senibie indiquer déjà à la date où il écrivait (15 juillet) une tendance du blanc k s'introduire sur la cocarde parisienne. Après cela, peut-être est-ce purement et simplement une faute de lecture commise à Timprimerie du journal.

voulait au moins, sans le dire avec assez de netteté, se réserver le choix des principaux chefs, et la direction personnelle, en quelque sorte, de la milice nouvelle. Mais cette réserve fut aussi vaine que le refus de la veille. Dans la journée, on le sait, le Roi courba décidément la tête devant rinsurrection parisienne, vint à l'Assemblée, saris escorte, accompagné de ses deux frères, et lui annonça qu'il avait donné ordre aux troupes de s'éloigner, non plus seulement du Champ-de- Mars, mais des environs dé Paris et de Versailles. Trois jours après, le 47, il se rendit à Paris, et vint, pour ainsi dire, confesser en personne à l'Hôtel-de-Ville la défaite de la monarchie. Le marquis de La Fayette avait pris, dès le 15, sur l'invitation des électeurs, le conmiandement général de la milice parisienne, et, ce même jour, en remplacement de Flesselles, assassiné le 14, Bailly avait été proclamé non plus prévôt des marchands (ce titre avait le tort d'être consacré par l'histoire), mais maire de Paris *. .

4. Bûchez, ouvrage cité^ t. 1, p. 396-444, liv. lll,chap. iV, et liv. IV, clfiap. i.

Le Roi, qui avait dû laisser ses gardes du corps à Sèvres, traversa Paris entouré de la députation que l'Assemblée nationale avait chargée de l'accompagner, afin de rendre hommage, elle aussi, à l'insurrection parisienne, entre deux haies de milice bourgeoise, précédé et suivi de cette même milice, tant à pied qu'à cheval. Ce jour-là fut le triomphe de la cocarde rouge et bleue. A l'Hôtel-de-Ville, le maire présenta au Roi cette cocarde, ou, pour parler comme le Moniteur^ « ce signe de l'insurrection de ses sujets, » Louis la reçut, la plaça à son chapeau, et ce fut avec cette marque parisienne qu'il se présenta par une fenêtre à la foule amassée sur la place de Grève, contente pour le moment de sa victoire, et qui criait : Vive le Roi ^ ! »

Lorsque le Roi, lisons-nous dans le recueil intitulé Mémoires du général La Fayette*, eut reçu

à. Ibid.y p. 444-447, liv. IV, chap. I. Cf. Thiers,t. I, p. 89, 90. liv. II. Cf. Gazette nationale ou le Moniteur universel du 29 juillet 4789, n^ 27. De Paris, Suite des événements qui ont suivi la prise de la Bastille»

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