Livre troisième. Chapitre premier. — La Cocarde parisienne
La réunion des trois couleurs, avons-nous dit ci dessus (p. 144), pour former une livrée^ un pavillon, une bannière unique, remonte bien au delà de t789. Il est en effet certain que ce rapprochement entre trois couleurs aussi distinctes et tranchées, a dû avoir maîn,tes fois lieu, soit fortuit ou voulu. Le maréchal de Metz porte-oriflamme sous saint Louis est représenté, d'après un vitrail de la cathédrale de Chartres, avec un justaucorps bleu chargé d'une croix blanclie (qui n'a pas la forme ordinaire de la croix de France)
et par dessus une écharpe rouge*. La description par Wavrin de rhabillement du duc de Bedford (ci-dessus n° 5) nous donne également la réunion des trois couleurs. On peut voir sinon leur réunion, au moins leur rapprochement dans ce passage de Marot, relatif au camp (Ju drap d'or * :
Au camp des rois les plus beaulx de ce monds
Sont arrivez trois riches estendars :
I Amour tient Tung de couleur blanche et munde,
* Triumphe l'aultre avecques ses souldars
Vivement painct de couleur célestine;
BeauUé après en sa main noble et digne
Porte le tiers, tain et de vermeille sorte...
Mais il ne s'agit ici, ce semble, que de drapeaux de fête, aux couleurs de jramour, de la gloire et de la beauté
Depuis Henri IV la livrée héréditaire de la Maison de France fut tricolore [orange^ ou incarnat^ blanc et bleu). Cela est indubitable. Mais quoique cette livrée du Roi se traduisît naturellement, suivant l'usage de l'époque, en bannières, en cornettes, en drapeaux, elle était tout à fait distincte de la livrée du royaume, du pavillon national, purement blanc. C'est pourquoi je me suis abstenu d'examiner l'origine débattue du pavillon hollandais. Quand même les Hollandais de-
4. Monuments français f eic,^ parVillemin et Potier. Paris, 4839, 2 vol. in-fol. t. I, p. 98, et 60, col. 2.