‹ Le Droit Augural Et La Divination Officielle Des RomainsChapitre 37 sur 102 · Dezobr} op cr CI D · texte numérisé non relu

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8. Mispoulet. Zus/itutions poliligues des Romains, tome IL, 4 p.424. Es

PROCÉDÉS OFICIELS D? DIVINATION #4

Sade rapporta un millier de vers, qui servirent à la reconstitution des sorts officiels, À ce moment le scepticisme sapait toute divination par la base, Mais trois où quatre siècles au moins s'écoulérent, pendant les quels le peuple de Rome eut une vénération profonde et une foi sincère pour les oracles révélés jar les livres sibvilins.

Eee DEUXIÈME PARTIE

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Après le rapide aperçu qui précéde sur l'idée que les Romains se faisaient de la divination et sur les moyens employés par eux pour prévoir la succession des phénomenes, nous apercevons moins obseurément l’origine et les fondements du droit augural.

Au moment où les institutions de Rome ont pris corps la foi dans la possibilité et la réalité d’une révélation divine était triomphante. Elle régnait en maitresse dans l'esprit des premiers législateurs comme dans Pesprit du peuple : 1 était nécessaire qu'elle se reflétât dans les coutumes off£cielles et dans les lois .

Les idées populaires ne sont-elles pas des forces avec lesquelles 11 faut compter ? Lorsqu'une croyance est générale, le gouvernement est fatalement amené à se mouler sur elle. Pour faire réener l’ordre il faut bien que L'État puise sa force quelque part. Ce n'est pas une force étrangère qui a imposé l'ordre à Rome ; e’est audedans que lesprit d'organisation est né et qu'il s’est développé: €’est avec les forces intérieures que cette organisation pouvait se faire. La divination, par suite de la considération générale, était une force puissante :

8sS PRÉLIMINAIRES

son introduction dans la constitution romaine et l'établissement du droit augural qui en est résulté, ont été pour ainsi dre quelque chose de fatal.

Nous allons étudier maintenant le fonctionnement de ce rouage juridico-gouvernemental. Mais avant de commercer cette étude, il est bon de remarquer que, st pour se constituer, l'organisation d’un état libre doit être assise sur les croyances des hommes qui le composent, une fois établi l'État devient à son tour une force capable de donner une direction aux idées sur lesquelles il s’appuie et de conserver ou de modifier les éléments qui le constituent. Lorsque la foi dans la divination vint à décroître, ce fut V'État qui la soutint et lui conserva la vitalité que primitivement 11 Jui avait empruntée.

Nous avons dit qu'en pratique, la divination a dévié de son but primitif qui était la prévision des faits individuels et sociaux, par suite de impossibilité d'atteindre ce but. Mais au cours de son évolution il s’est produit, entre elle et les idées formalistes extrêmement développées chez les Romains, une sorte de combinaison. La divination primitive s’est associée avec l'esprit formaliste et le produit se présente sous la forme du droit augural.

Nous n'avons pas de renseignements certains sur la facon dont le pouvoir divinateur s'est imposé ; nous ignorons quelles difficultés il a éprouvées à ses débuts. Pourrons-nous néanmoins tirer de cette étude quelques conclusions sur l'avenir politique réservé à la science ? Certes, ce n’est pas cette simple étude qui nous mettra à

même de prévoir de quelle façon précise se fera la combinaison du pouvoir scientifique avec les pouvoirs législaufs et exécutifs dans le fonctionnement social. Mais elle nous permettra p'obablement d’entrevoir plus d’un problème à résoudre pour réaliser cette combinaison. Ce qu'on peut dire dès à présent, c'est que le jour où la science sociale aura posé des lois évidentes et que ces lois auront trouvé crédit dans les masses populaires, il sera forcé qu'on les utilise dans le gouvernement et que l'État s’en imprègne comme il s’est imprégné à Rome de la divination.

$ I. — Du Droit de prendre les auspices.

Le principe de l'autorité avait eu à Rome son origine dans une mvestiture de la divinité. Une investiture divine est chose assez précieuse pour qu'on en prenne soin. C'est pourquoi les croyances religieuses voulaient qu'une transmission légitime de cette mvestiture s’opérât successivement, d'une façon régulière, entre les détenteurs suprêmes de la puissance publique. De là estnée la théorie du droit d’auspices (4).

Rien n’est plus simple que ce système. Les fondateurs de la cité avaient droit d'audience auprès de Jupiter : ils avaient transmis ce droit à leurs descendants, qui composatent la classe patricienne. On appelait cette prérogative droit d’auspices privés. Ce droit d’auspices privés ne permettait de parler à Jupiter qu’en son nom personnel.

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