Varron. Zingua latina, V
Dion DÉPIT ER 277,. 0.
monie appropriée, connue sous le nom d’auspicia peremnia (,.
Mais ces règles se modifiérent avec le temps. Les augures donnèrent aux généraux partant en guerre el aux commissaires chargés de la fondation des colonies, des formules très simples et dont la force magique pouvait, sur-le-champ, transformer en sol romain un terrain quelconque. Quant aux auspicia peremma ils tombèrent vite en désuétude. La rivière Petronia, pourtant, qui sépare Rome du Champ de Mars, conserva fort longtemps son rôle d’obstacle, sans doute pour des raisons politiques. Un consul avait-1l changé d'avis où était1l mécontent d’un vote? Pour revenir Sur ce qui avait été fait, 1l pouvait prétexter parfois son oubli des formules au moment où 1l passait la rivière. Quel oubli opportun !
En résumé, les auspices urbains se transforment en auspices militaires au delà de lencemte du pomerium ; le temple idéal emporté du Capitole $s’imprime dans lFespace au lieu où Pen se trouve, et la tente du général sert de tabernacle pour les observations.
Mais par suite de la liaison intime du droit d’auspices et de Pampertum, une difficulté S’éleva. Les limites du pomertum passaent en dedans de lenceinte fortifiée, de sorte qu'entre ces limites et les fortifications se trouvait une zone qui, logiquement,
1. Bouché-Leclereq, 09. cit!, p. 230. — Cf. Festus. Peremne et Servius. Ær., IX, 24.
aurait dû être soumise au régime militaire, les magistrats recouvrant leur autorité abso'ue une fois le pomertum franchi. La question avait d'autant plus d'importance que c’est dans cette zone intermédiaire que se trouvaient les comices centuriates et que, pour exercer librement son droit de vote, le Romain voulait pouvoir le faire sous le régime des garanties civiles.
Afin d'obvier à cet inconvénient, on décida de reculer la frontière du domaine militaire à mille pas au delà du mur d'enceinte. Dès lors, les garanties de la liberté individuelle s’étendirent à un mille de Rome (1). Mais les comices centuriates, formés de compagnies enrégimentées, avaient un caractère militaire et ce sont les auspices militaires qu'il fallait pour les présider. La jurisprudence augurale, embarrassée par cette zone intermédiaire, inventa pour elle un droit spécial : le jus pomeru., chef-d'œuvre dexceptions et de contradictions.
Le jus pomeri décide que la transformation des auspices qui S'opère au moment où le magistrat franchit le pomerium, est proportionnée au but que celui-ci veut attendre. Doit-il aller se mettre à la tête des légions ? Dans ce cas il commence les formalités augurales sur le Capitole, les continue sur la ligne du pomertun et, une fois les limites de la ville passées,
1. Exemples dans Tite-Live, III, 20. — Valère-Maxime, L IE, Chetivs 2.
Il à le pouvoir absolu. Doit-il, au contraire, se rendre au Champ de Mars pour présider des comices centurates? Il lui suffit de franchir le pomerium sans les formalités préalables du Capitole. Ses auspices n’empruntent alors, au caractère militaire, que juste ce qu'il faut pour convoquer les centuries, et il en use comme S'ils étaient encore urbains, en consultant les dieux sur les lieux mêmes des comices. Un texte de Cicéron semble indiquer que, dans les deux cas, une prise d’auspices est nécessaire au passage du pomeraun (4).
Il s'agit, dans ce texte, des comices présidés par le consul Gracchus, pour l'élection au consulat de Figulus et de Scipion. L'un des scrutateurs étant mort subitement pendant le vote, les augures et les aruspices prétendirent que Gracchus avait commis une irrégularité. Celui-ci protesta d’abord. € Mais ensuite, 1l écrivit de sa province au collège des augures, qu'en lisant les rituels, 11 S’était ressouvenu d’avoir, selon la coutume, dressé un tabernacle hors de Rome; qu'étant de là rentré dans la ville pour assembler le Sénat, il avait oublié en repassant le pomertum de prendre les auspices; et qu'en cela il reconnaissait avoir fait une faute, qui rendait irrégulière la création des consuls. Les augures le firent savoir au Sénat: le Sénat fut d'avis que les consuls se démettraient de leur charge ; ils s'en démirent » (D).
Lei. War. Deor., l'A.
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Il résulte aussi de ce texte qu'en repassant le pomertum pour rentrer en ville, le magistrat perdait ses auspices militaires pour reprendre ses auspices urbains. S'il voulait retourner présider des comices ou reprendre le commandement des légions, il devait recommencer les formalités prescrites pour l'acquisition des auspices militares, faute de quoi, il se trouvait hors de l'enceinte sacrée, sans aucun droit de conférer avec les dieux au nom du peuple romain.
L'application du jus pomerit état suspendue par l'établissement dun régime dictatorial. D'autre part, toutes les distinctions ainsi établies par le droit augural souffraient encore une exception lorsqu'un général était jugé digne du triomphe. Le triomphateur entrait à Rome avec ses auspices militaires, pour venir rendre grâce à Jupiter Capitolin. C'était là avant tout une fête religieuse ; mais le jour de son triomphe, le uénéral était seul chef de l'État et la ville elle-même était soumise à l’anperium militaire. Pour obtenir cet honneur il fallait avoir tué dans une seule bataille au moins €inq mille hommes (1).
Les théories augurales commencèrent à tomber en désuétude au temps de César. Ses successeurs en ünrent si peu compte qu'ils accordérent le triomphe à des militaires qui n'étaient pas des magistrats et