‹ Le droit constitutionnel de la Belgique (volume 2)Chapitre 128 sur 137 · Montesquieu, pour trouver dans la littérature · texte numérisé non relu

Montesquieu, pour trouver dans la littérature

Classement politique une tentative de mise sur pied d'un

de classement nouveau des formes de l'Etat, et

Montesquieu, de déternaination d'un principe nouveau de

distinction (24).

Le classement proposé n'est pas heureux : il consiste à distinguer de la monarchie, gouvernement d'un seul contenu par des lois fixes, le despotisme, gouvernement arbitraire d'un seul, et la république, caractérisée par l'attribution de la souveraineté au peuple ou à une fraction du peuple. — N'est-ce pas oublier que le despotisme peut être l'œnvre aussi bien d'une majorité ou d'une minorité, que d'un souverain unique ? ... D'autre part, pourquoi confondre sous le nom de républiques les Etats populaires et les autocratiques : peut-il être permis de les assimiler ? Est-il exact do dire que le despotisme n'est soumis absolument à aucune loi ? D'autre part, la monarchie absolue n'équivaut-elle pas au despotisme, et ne faut-il pas ranger dans les formes mixtes, la monarchie contenue par des lois fixes, comme le dit Montesquieu?

Montesquieu indique comme base de la diversité des Etats, le principe qui doit les inspirer et pourvoir à leur conservation, l'élément ou le sentiment moral qui doit y être dominant. Â la monarchie, il donne comme principe : l'honneur ; c'est dans la crainte, qu'il voit le point d'appui des gouvernements despotiques; l'élément conservateur des Etats républicains réside dans la vertu, que Montesquieu définit : modération dans les aristocraties, amour de la patrie et de l'égalité, dans les démocraties.

Il faut lire, dans YHistoire de la science politique (15), les curieux développements et les intéressantes appréciations que Paul Janet s'est plu à écrire sur cette partie des vues de Montesquieu.

(14) Pdlma, l, pa^e :âl6 bb. — et surtout Janet, II, page 335 68.

(15) PaulJanet, II, page 347 88.

FOMMBS ET ORGANES DE VÈTA T. 437

Nous pensons qu'il est difficile de généraliser en pareille matière. Il est possible, sans doute, en s'attachant à une société, à un Etat déterminé, d'en décrire la forme ou la structure et de faire l'histoire des principes qui l'ont inspiré, des causes morales de ses développements, de sa durée, de sa prospérité ou de sa chute. Mais si l'on sort de l'ordre concret (16), si l'on prétend trouver une règle, qui permette d'affirmer, qu'à une même forme de gouvernement correspond toujours un même ressort dans l'Etat, une même cause de conservation et de progrès, on se livre à une vaine recherche, et l'on se condamnera à n'aboutir, comme Montesquieu et Paul Janet, qu'à de pures considérations — très intéressantes sans doute — mais dépourvues de solidité et de portée scientifique.

Tenons-nous en donc à l'antique division d'Aristote, simple et rigoureuse : elle suffit aux nécessités de la théorie et aux desiderata du Droit constitutionnel.

Orlando, dans ses Principes de Droit pu-

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