Avec Palma et la plupart des auteurs, nous
Arguments nous rallions au principe des formes mixtes ;
favorables c'est dans les formes pures de gouvernement
an que se rencontrent le plus d'inconvénients et,
principe, pour la liberté, les plus graves périls, pour les
citoyens, le moins de sauvegarde. Monarchie, aristocratie, démocratie pures, souveraineté d'un seul, d'une minorité ou delà majorité: chacun de ces systèmes offre quelques avantages sans doute, à côté de graves défauts.
Ne laut-il pas en conclure qu'il y a lieu, en combinant les formes, de corriger les uns par les autres leurs mutuels inconvénients, et de réunir ainsi tous les avantages, tous les éléments de garantie, le rruiximum de perfection relative, que comportent l'état social et les situations historiques ?
La monarchie implique l'unité d'action, l'énergie, la promptitude, l'esprit de suite (Hérodote). Un prince parfait, c'est l'idéal des gouvernements (Xénophon, Platon, Aristoie, St Thomas).
(S4) Paul Janet, II, p. 630.
(35) Paul Janet, II, p. 708.
446 THEORIES FOXBAMEXTALES.
La monarchie est lexpression la plus logique du principe d'autorité. Elle assure à la Société — Tordre — runion — la durée (Bellarmin). — Un monarque sage est seul capable de garder une juste mesure entre le nombre et le mérite, entre l'égalité démocratique et les prétentions aristocratiques (Bodin). C'est dans le système monarchique que les intérêts privés du monarque s'identifient le mieux avec l'intérêt public. (Hobbès. — P. Janet). La royauté réalise seule la majesté du pouvoir et impose seule le respect (Bossuet).
Mais le prince peut se tromper gravement, se laisser égarer par ses passions, ses caprices, être le jouet des intrigues (Aristote). Le long usage et les séductions du pouvoir amènent une sorte d'enivrement. Le pouvoir d'un seul plus que tout autre, tend à s'accroître et à se changer en tyrannie.
La monarchie renferme en elle-même le principe de sa ruine f Aristote). Elle ne peut se conserver que par la modération et elle n'est modérée, que s'il y a en dehors d'elle un pouvoir intermédiaire entre le prince et le peuple, un corps politique investi de la mission de sauvegarder les lois fonmentaies de l'Etat (Montesquieu).
L'Aristocratie est, par définition, le gouvernement des meilleurs, de Yélite des citoyens (Hérodote. — Xénophon) des sages (Platon). Mais la sagesse, le mérite se déplacent ; tandis quel'influenceet le pouvoir ne s'enlèvent pas aisément L'aristocratie devient aisément oligarchique et sa tyrannie est plus insupportable encore que celle d'un monarque.
De plus, le régime aristocratique favorise les rivalités, les séditions, les funestes divisions entre les grandes fEimillea
La Démocratie pure a pour base l'égalité et la liberté; elle donne libre carrière à l'esprit de mouvement et de progrès ; elle permet au peuple de régler lui-même ses destinées et de pourvoir lui-même à ses intérêts. Mais la multitude est ignorante — impressionnable — changeante. Elle n'a nulle compétence pour exercer le pouvoir ni même pour choisir
868 chefs. Elle se laisse facilement entraîner par X^flxiitewrs, (les frelons oisifs et prodigues, disait Platon) et se jette facilement dans les bras de la dictature.
Le meilleur système ne peut, dès lors, consister qu'à combiner tous ces principes, tous ces éléments, de manière à les mettre en présence et à les pondérer l'un par l'autre. Telle est la conclusion, qui nous semble devoir être appelée à prévaloir, à former le dernier mot de la Science politique, sous réserve d'ailleurs des moyens et des variétés d'applications, et sous réserve d'une exacte interprétation du principe.