‹ Le droit constitutionnel de la Belgique (volume 2)Chapitre 8 sur 137 · Soclolo- Comte, adopté par Herbert Spencer, il est mis · texte numérisé non relu

Soclolo- Comte, adopté par Herbert Spencer, il est mis

gle. en vogue de nos jours par un grand nombre

de publicistes.

La science appelée de ce nom a des origines très anciennes.

Aristote, Bodin (XVI* siècle), Montesquieu et les fondateurs

de la philosophie de l'histoire ( Vico et Herder au XVIIP

siècle) peuvent à beaucoup d'égards être considérés comme

les précurseurs des Sociologues modernes.

La Sociologie est née sous le patronage des doctrines positivistes et transformistes ; elle a eu peine à se dégager des étreintes du matérialisme. Bien qu'elle soit pauvre encore en conclusions et en résultats, elle a le mérite d avoir utilement réagi contre les conceptions abstraites et individualistes

(1) Bibliographie : Anzilotti. La Filoeophia del diritto e la Sooiologia, 1892. — Herbert Spenoer. Principes de Sooiolofcie (traduction française). — y. Fouillée. La Science sociale contemporaine. — O. de Greef : Introduction à la Sociologie, Les lois sociologiques. Sociologie générale élémentaire. — Schaffle : Bau und Leben des socialen Eôrpers. — Onmplowits : Précis de Sociologie (traduit de l'allemand par Baye, 1896). — Sociologie et Politique, 1H98. — La Sociologie : discours rectoral de H. Van der Best à TUniversité de Bruxelles, 1888. — Jean HaUenz : L'objet de la science sociale, dans la Revue Néo-Scolastique de Novembre 1896.

On trouvera d'autres indications dans Tonvrage. de GumplowUz, intitulé Sucwlogie et politique (pages 261 ss.) et dans les ouvrages de de Oreef, notamment dans son Introduction à la sociologie.

Citons encore Tarde : Etudes de Psjcologie sociale. Paris, Qiard, 1897. — Organisme et Société par ReiU Worms, directeur de la Revue internationale de Sociologie, fondée à Paris en 1893. - Les Annales de V Institut inierncb^ timal de Sociologie. Paris, Giard et Bridre. — Jj Année Sociologique, PérvH dique annuel, directeur : E. Durkheim. Paris chez Alcan depuis 1896. — En Espagne : La Revista de Derecho y de Sociologia sous la direction du professeur Posada. — Salés y Ferré. Traité de Sociologie. Madrid, Suares, 1897. — Càlisto Valverde. Ensayo sobre el oonoepto de la Sociologia. Valladolid. Imp. Onesta, 1900. — En Amérique : American Journal of Sociology, publié à Chicago et surtout le traité de Giddings : The principles of Soeiology (1896). — y. aussi E. Durkheim, professeur à Bordeaux. Les règles de la méthode sociologique. Paris, Alcan. — Bibliothèque Sociologique internationale, ohei Oiard et Briàre.

€D démontrant et en analysant le caractère complexe et organique des sociétés humaines. Comme l'indique le titre du grand ouvrage de Schaffle, elle étudie la structure et la vie du corps social ; elle est à la société ce que4'anatomie et la Physiologie sont au corps humain. Ses recherches peuvent se ramener à trois objets principaux : les milieux sociaux {géographie sociale) — la structure sociale : familles, Etats et autres organismes sociaux — les faits et les lois de la vie sociale. En analysant les phénomènes sociaux, en les classant, «n s*efforçant de déterminer leurs causes et leurs relations mutuelles, la Sociologie cherche à découvrir et à dégager les lois d après lesquelles se forment, s'organisent et se développent les sociétés humaines (2), en d'autres termes à définir les lois du progrès et de la civilisation.

Comme on le voit, elle ne doit pas être confondue avec la Philosophie du Droit ou Droit naturel. Cette dernière science est spéciale, puisqu'elle n'étudie la société dans sa structure et dans sa vie qu'à un point de vue déterminé, le point de vue juridique. Elle diffère surtout de la Sociologie en ce que celle-ci ne s'occupe du Droit qu'en le considérant comme fait social, tandis que la Philosophie étudie le Droit sous son double aspect objectif et subjectif, analyse les relations juridiques dans lesquelles sont impliqués les individus et les groupes pour définir les devoirs et les prérogatives personnelles qui en résultent. Cette tâche imposée à la Philosophie du Droit nécessite des données que les recherches sociologiques ne peuvent fournir et la rapproche des sciences humaines, la Psycologie, la Morale, qui seules peuvent les procurer.

Il semble en tout cas bien difficile d'énumérer les services que la Sociologie peut rendre au Droit constitutionnel soit directement soit indirectement par des apports faits aux sciences politiques. Cette question ne peut être ici qu'indiquée. Elle réapparaîtra souvent dans le cours de cette étude,

(2) Eêmein, Eléments de Droit oonstitntioimel, p. 20 et 21.

16 lUrBODViTlOS G ES EB A LE

au fur et à mesure que les problèmes de Droit public seront soulevés. Elle fera à chaque rencontre, l'objet de remarques plus précises.

Bornons-nous à signaler les points suivants :

1" la Sociologie éclaire de nombreux problèmes de législation. Les résultats des statistiques et de la Sociologie, dit CovtiLzzi (3), facilitent la discussion des sujets les plus difficiles de Droit constitutionnel ;

2" la Sociologie, répétons-le, réagit utilement contre les théories individualistes si troublantes poar Tesprit et si néfastes dans leurs applications ;

3" la Sociologie revendique comme siennes certaines questions, dont elle débarrasse heureusement le Droit constitutionnel : la théorie des climats, Tétude des influences de races, de langues, de religion, des conditions géographiques..., etc

§ 3. Les sciences juridiques. — Le Droit natnreL — L'histoire du Droit public. — Le Droit constitutionnel comparé.

Le Droit constitutionnel est tributaire de 10. Droit plusieurs sciences juridiques : du Droit public naturel. naturel, de Vhistoire du Droit public et du

Droit constitutionnel comparé.

Le Droit naturel ou philosophie du Droit est^la science des premiers principes du Droit ; c'est la Morale sociale. Cette science cherche à définir les droits et les devoirs essentiels du citoyen, de TEtat et de certaines collectivités dites nécessaires. Les conclusions, auxquelles elle parvient, dominent la Sociologie, la Science de TEtat et les études de Droit constitutionnel.

L'utilité du Droit naturel est indéniable en tant que critique des fausses doctrines, des utopies politiques ; mais il ne fournit comme données positives qu'un petit nombre de vérités fondamentales : l'inviolabilité des droits de

(3) Trattato di Diritto Goetituzionale. Tarin, 1S95,page 110.

la personne humaine, le caractère naturel ou nécessaire de certains groupements sociaux, enfin la nécessité de certaines relations d'autorité et de dépendance qui en dérivent.

L'histoire du Droit public et le Droit cons-

Page 1