blic et constitutionnel, néglige, précisément
Les pour les raisons que nous venons de dire, de
formes s'occuper de la théorie des révolutions et de
mixtes. l'étude des formes mixtes de l'Etat.
La Xhéorie des révolutions, que l'on trouvera esquissée dans Platon, savamment et complètement développée dans Aristote, et reproduite par Bodin (17), cherche à déterminer comment les formes politiques naissent, se développent et succombent, à trouver la loi qui gouverne la succession historique de diverses espèces de gouvernements. « Recherche stérile, pense Orlando(18), car > cette loi n'existe pas et ne saurait exister ^,
Le problème, en tout cas, concernerait plutôt la Sociologie,
(16)Orlando,pagre76.
(17) V. THistoire de la science politique de Paul Janet.
(18) Page 75.
OU la Philosophie de Thistoire : nous pouvons, dès lors, le laisser à l'écart de nos études juridiques.
Passant de Tordre abstrait à Tordre concret, du classement théorique des formes de TEtat à leurs réalisations historiques, la plupart des auteurs admettent, à côté des trois formes originaires ou simples, ce qu'ils appellent des formes ou des Etats mixtes.
On trouve déjà chez les plus anciens philosophes grecs : Archytas, Hippodame de Milet, puis dans les Lois de Platon et dans la Politique d'Aristote, qui cite Lacédémone comme exemple, la théorie des gouvernements mixtes.
Cicéron la reçoit de Polybe et en fait un éloquent exposé au premier livre de La République.
Tacite y contredit, la trouvant irréalisable : critique que paraissent s'être appropriée Maxihiavel et après lui Bodin. Suivant ce dernier, « le mélange des trois formes » de gouvernement ne fait pas une espèce particulière de ré- » publique (d'Etat) ; car c'est simplement TEtat populaire.... » Dans ce système, à qui appartient-il de faire la loi, cette » marque certaine de la souveraineté ? Aux trois corps de » TEtat, c'est-à-dire à tout le monde : l'État est donc popu-
» laire Lacédémone était une aristocratie, Rome un Etat
» populaire, Venise une seigneurie aristocratique ».
Bluntscfdi (19) refuse aussi d'admettre comme quatrième forme, le mélange des formes simples.
Nous avons déjà dit (n** 254), qu'en effet les formes pures n'existent pas dans la réalité, qu'il faut pour diversifier les Etats, considérer Télément qui prédomine dans l'exercice des plus hauts pouvoirs de la souveraineté ; nous reconnaissons donc aux objections de Tacite, de Bodin, de Bluntschli et de beaucoup d'autres auteurs encore, une large part de vérité.
Mais il serait puéril de nier que les diverses formes ne puissent être mélangées. Innombrables au contraire sont les
(i9)I, pagre 295.
combinaisoDs dont elles sont susceptibles, et qu'à toutes les époques, l'histoire offre à étudier. « L'Etat mixte, conclut » Palma (20), la splendide série dos meilleurs Etats et des » meilleurs écrivains de l'antiquité et des temps modernes » le démontre, est une forme politique rationnelle, et la » meilleure que les anciens surent découvrir et les modernes. » perfectionner ».
Faut-il rappeler qu'Aristote, non seulement prônait le principe des formes mixtes, mais consacrait une grande partie de son admirable traité sur la Politique à étudier en détail et d'une manière approfondie — dans leur fonctionnement pratique, — deux formes mixtes d'Etats, Varistocratie et la nohxeia (21).
Cette dernière forme a même ses préférences, et il entend par là une combinaison de démocratie et d'aristocratie, prenant son point d'appui dans les classes moyennes, ou ftsaot'.
Nous reviendrons sur le principe des formes mixtes, dont l'exacte portée réclame d'ultérieures explications.
D'autres classifications des formes d'Etat