‹ Le droit constitutionnel de la Belgique (volume 3)Chapitre 29 sur 122 · S*^ Thomas, de deux faits concurrents : 1" la · texte numérisé non relu

S*^ Thomas, de deux faits concurrents : 1" la

L^unlté composition complexe et organique de la so-

poUtlqne. ciété, formée non simplement d'individus réunis en un groupe, mais d'individus groupés

(68) Burrij pagfe 24. — T. Meyer S.-J. La qaestion oQTrière et les principes fondamentanz de la Sociologie chrétienne. Traduction de l'allemand, 1893,

d'abord en sociétés ayant chacune leur fin propre, familles, agglomérations locales, associées à leur tour en un plus vaste groupement qui forme TEtat et qui, lui aussi, a sa propre raison d'être : pourvoir à des besoins plus généraux ; 2** Tidée de solidarité, le sentiment d'altruisme, la vertu de charité (Amicitia), qui se manifeste au sein de tous ces groupements, et au service de la complexité des besoins et des buts et qui, non seulement en maintenant chacun à sa place» mais en obtenant de tous une coopération active à la poursuite du bien général, réalise l'accord des esprits, des cumrs et des volontés.

Ce n'est pas, comme le pensait Platon, la communauté de biens externes, femmes, enfants, propriétés, qui peut produire l'union, 1^ piix sociale : les dissensions auxquelles donnent lieu la corruption et les passions humaines rendent, au contraire, impossible le communisme ; et la paix sociale est plutôt assurée par certaines distinctions et certaines inégalités, nécessaires au maintien de l'harmonie : Inter cives expedit ad civitatem servandam, ipsoruTn divitias esse distinctas, (De regimine principum, 1. IV, ch. IX).

Le lien social est un lien interne, moral : c'est l'amour, l'amour des autres s'entend, l'esprit d'altruisme ou de solidarité sociale. Omnia tamen unita in vinculo societatis, qjiod est amor suoruTn civium, (De regimine principum, liv. IV, ch. IV). — L'amour réciproque des citoyens les uns pour les autres engendre dans la société un état d'harmonie, la paix, qui maintient chacun à son rang, assure l'accomplissement de tous les devoirs, tant des citoyens entre eux que des citoyens vis à vis du pouvoir, et fait vivre tous les membres d'un même corps politique d'une même vie.

Cet amour du prochain a des degrés et des formes diverses, dans les diverses sociétés où il surgit et agit: partout il apparaît comme le sacrifice de soi-même à autrui, le sacrifice d'un bien particulier à un bien plus général. Et ce sentiment unique va toujours s'étendant, s'élargissant, unit entre elles, non seulement les personnes, mais les sociétés superr

posées, et groupe à la fois les uns et les autres en un seul tout moral, qui est TEtat {aeTisvb lato), la société politique. Ce sentiment est donc bien le principe vital ou, si Ton veut, Tâme du corps social. ^

Donc, superposition de sociétés ayant des buts distincts, mais dépendant Tun de l'autre, idée d'un bien général sollicitant l'adhésion des esprits et la coopération des volontés, provoquant l'alliance des cœurs, les dévouements réciproques, l'union des efforts ; tel est, suivant Aristote et S^ Thomas, l'élément éthique, qui donne à la société son intime unité. Cicéron, (Do republica, I, 25) exprime la même pensée : Populus autem non oTnnia hominuTu cœtua quocumque modo congregatus, sed cœtus multitudinia juris conseTiau et utilitatis coMMUNiONEcongfregfafiw. C'est la communion ou la participation des esprits, des cœurs, des volontés à la recherche, à la défense et à la conquête du bien commun, qui crée le lien social.

Les auteurs modernes négligent ces

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