La souveraineté innée du peuple donne
Seconde prise à une seconde objection, aussi grave que
objection la première.
an principe. Le Marquis de VareiUea Sommièrea la développe avec beaucoup 'de force.
Les partisans du principe se divisent en deux groupes : les uns érigent la souveraineté populaire en droit inaliénable et imprescriptible : ils accordent ainsi au peuple le droit permanent de révolte, le droit perpétuel de renverser les autorités établies.
Les autres enseignent que la souveraineté populaire est aliénable et prescriptible, que la nation doit obéir au gouvernement qu'elle s'est donné, respecter les autorités émanées d'elle. Leur théorie n'en aboutit pas moins à reconnaître le droit absolu de la majorité, à ne reconnaître comme légitime que ce qui est son œuvre ; elle ne peut dès lors échapper aux conséquences, qui vont être dites :
l"* Si la majorité décide de se passer de gouvernement,
rETAT'POUVOJR, 227
Tanarchie devient légitime et sans remède. En dehors de la majorité, qui pourrait constituer le pouvoir ?
2^ Si le gouvernement issu de la majorité commet des malversations et pratique l'injustice, la révolte sera toujours interdite, puisque la lûinorité n'est jamais souveraine. Nous admettons, au contraire, qu'en certains cas la minorité tyrannisée a le droit de s'insurger contre la majorité.
3"* Enfin, il y a des modes d'acquisition de la souveraineté inconciliables avec le principe de souveraineté populaire. Parmi ces modes figure le droit de conquête. Comment le légitimer, si le peuple conquis ne s'y résoud point ?