son Contrat social (Livre II),à définir certains
Unité caractères qu'il attribue à la Souveraineté.
et La phraséologie creuse de J. J. Rousseau a
indivisibilité, passé dans le langage Révolutionnaire.
La souveraineté,ditla Constitution de 1791, est une et indivisihle.inaliénahle et imprescriptible, La même formule figure dans la Constitution de 1793.
Les théoriciens modernes n'ont pas renoncé encore à ces épithètes pompeuses et des auteurs graves, comme M. Giron, mettent tous leurs soins à les définir.
Examinons à notre tour le catalogue des attributs de la souveraineté. Efforçons-nous d'expliquer ceux qu'il convient de conserver, et d'élaguer ceux qu'un examen attentif nous fera exclure.
C est l'unité qui réclame tout d'abord notre attention.
r ETAT-POUVOIR, 263
La notion mémo de souveraineté : plénitude de Ui puissance publique suprême, universelle et générale, conduit à affirmer d'elle sa nécessaire Unité. Il y aurait contradiction dans les termes à parler — à propos d'une seule et même nation — de dualité ou de pluralité de pouvoirs suprêmes et généraux. Il n y a place dans une société politique que pour un seul Etat-pouvoir ; il n y peut exister qu'une royauté, qu'une législature, qu'une justice et la souveraineté de cet Etat-pouvoir est dotée comme lui d'une incommunicable unité.
Mais entendons-nous bien ! L'existence dans la société politique d'un pouvoir suprême unique et souverain, n'empêche nullement la coexistence possible d'autres autorités non souveraines, cela va sans dire, mais même d'une autorité, d'u^e autre espèce, d'un autre ordre, également souveraine dans sa sphère.
Soutenir le contraire, serait affirmer le caractère absolu et illimité de la souveraineté de l'Etat-pouvoir et exagérer la puissance générale et universelle, que nous lui avons reconnue, sans doute, mais qu'il faut restreindre aux limites qui lui sont assignées par sa mission propre (v. n° 130).
Lon ajoute d'ordinaire à l'unité, l'Indivisibilité. Nous trouvons inutile ou inexacte et partant dangereuse cotte seconde qualification.
Inutile en effet, si on la confond avec l'unité. Il va sans dire, que la souveraineté de l'Etat ne peut être considérée comme double ou multiple (Combothecra, page 249), qu'elle ne peut se diviser en pouvoir égaux, également suprêmes, universels et généraux.
Inexacte et dangereuse, d'autre part, si on l'interprète dans le sens de la concentration indivisible de tous les pouvoirs et de toutes les fonctions de l'Etat dans les mêmes mains. Rien n'est plus faux.
Rien n'est plus divisible au contraire que l'exercice de la puissance publique et la science politique recommande même de répartir cet exercice en le démembrant en pouvoirs dis-
264 THEORIES FONDAMEyTALES.
tincts, respectivement confiés à des organes différents, plus ou moins autonomes, citoyens ou collèges de citoyens. Nous savons qu'aujourd'hui le souverain apparaît comme un vaste organisme, à personnel nombreux et variable (page 283).
On peut dire que le souverain moderne est composé : Aussi doit-il SLgiT comme personnalité unique, grâce à l'organisation établie, aux liens d'interdépendance rattachant entre eux ses divers organes, faisant de l'ensemble un tout fonctionnel,un véritable organisme. Théoriquement du moins, les citoyens n'auront jamais à obéir à deux maîtres à la fois. La structure de l'Etat devra toujours être telle que tous les organes de la souveraineté soient coordonnés et subordonnés entre eux,de manière à sauvegarder l'unité de décision, l'unité de commandement. Dans un Etat comme les Etats^nis, où l'on peut avoir à obéir à plus de cinq autorités ou gouvernements,dit Malcom Platt (46), les devoirs légaux du citoyen sont aussi précis que ceux d'un sujet du Tzar de Russie. Ce qui se passe ressemble à ce qui a lieu dans l'industrie. Une grande usine ne cesse pas d'être une par l'existence de plusieurs systèmes de machines, dont le jeu s'entremêle en vue d'un travail d'ensemble à accomplir (47).
(46) Po^es 37 de l'article cité de la PolUical science quaterly — Noos suiyons en tout ceci pas à pas le pabliciste américain.
(47) Si nous n'admettons pas T indivisibilité de la souveraineté, nous nons rallions an contraire au principe d'indivisibilité du territoire et de l'Etat (sensu lato). C'est an nom de ce principe, qu'eurent lieu aux Etats-Unis la guerre de sécession e^t en Suisse la répression du Sonderhund (V. Pabna I, p. 154) Le droit de séparation, disons de révolution n'appartient à aucune partie de l'Etat. — La souveraineté a donc ici cette singulière portée d'être la négation du droit d'insurrection. Palmu déclare qu'aucune partie de la nation n'a le droit de se séparer du corps national, dont la formation n'est pas l'œuvre des volontés humaines et dont la destruction n'eu peut être le résultat. Chaque velléité de séparation est un attentat à la personnalité collective de l'Etat, Cela e^t vrai en principe; mais la révolution pourrait devenir exceptionnellement un droit même pour une partie de pays irrémédiablement opprimée.
L'ÉTA T PO U VOin. 205