I. Les lieux d'asile
Le droit d'asile est reconnu sans difficulté à toutes les églises 7; leur porte même en jouit8, solution dont l'intérêt
1. Il est parfaitement inutile de reproduire des textes où figure cette clause ; on la retrouve à toutes les pages des registres criminels des Parlements et elle s'applique même aux cas royaux (cf. PERROT, Les Cas Royaux, thèse, Paris, 1910, p. 271).
2. Cf. par exemple, un arrêt de la Toussaint 1304, réglant des contestations entre un monastère et les maires et jurats de Saint-Quentin sur diverses matières et, en particulier, sur le fait de la justice : «Per idem judicium abcoluti fuerunt dicti major, jurati et communia ab hujusmodi petitione religiosorum praedictorum, salva dictis religiosis libertate seu immunitate -confugiencium ad ecclesiam et atrium eorumdem » ; Om, t. IL, p. 150.
3. X, III, 49, 5. Conc. de Saumur pour la province de Tours (1253), c. 6 ; Conc. oecum. de Lyon (1274), c. 25 ; Mans, t. XXIIL, c. 811ett. XXIV, c. 98.
4. « Decano et capitulo Roye conquerentibus super eo quod castellanus Royensis tenuerat et tenebat sua placita in porcheto seu porticu sito ante ecclesiam suam Roye, per longa tempora, preceptum fuit baïillivo Viromandensi quod si sibi constet certissime quod dictus locus sit cymiterium vel pars ecclesie, prohibeat dicto castellano ne de cetero teneat ibi sua placita, non obstante quod per longum tempus ibi tenuerit sua placita » (Parlement -de la Toussaint 1292), Oum, t. II, p. 336. La prescription fut mal observée puisqu’en 1310 interdiction fut faite à la commune de Roye de tenir des plaids et des marchés « in terra sacra eidem ecclesie contigua et sita circa dictam ecclesiam » ; OLrM, t. III, p. 598.
5. En 1507, le Parlement de Toulouse siège au cimetière de la Daurade : Chronique de Guillaume BARDIN, Histoire du Languedoc, t. X, Pr., c. 26.
6. Le Parlement de Toulouse, qui siège en 1310 dans une abbaye de Montauban, porte une condamnation à mort : « Hoc arrestum latum non fuit in abbatia, quia Ecclesia non novit sanguinem, sed in domo primi praesidentis », Chron. de G. BARDIN, Histoire du Languedoc, t. X, Pr., ce. 29.
7. Summa de legibus, XXII, 2 : « Qui aliquo crimine fugitivi... si forte ad æcclesiam confugerint vel crucem amplexati fuerint.…. ».
LXXXI, 1 : « Si quis autem damnatus vel fugitivus ad ecclesiam confugerit, vel ad cimiterium, vel ad atrium sanctum, vel crucifixe adheserit, -cclesiastico privilegio debet in pace a laicali potestate dimitti, ita quod manus in eum non apponat » ; éd. Tardif, p. 60 et 195.
BEAUMANOIR, Ch. 325, cité, p. 231, n. 3.
En 1185 ou 1194, le vicomte de Béziers reconnaît le droit d’asile des églises de la ville ; cf. p. 234, n. 4.
En 1314, l’évêque de Strasbourg fait un accord avec la ville, qui reconnaît le droit d’asile de la cathédrale ; BINDSCHEDLER, 0p. cit., p. 126.