WIDDER, 0p. cit., p. 32 (privilège de Conrad Il
7. Accord entre l’évêque et la ville de Strasbourg en 1314 ; cf. BINDscHED- LER, 0p. Cit., p. 126.
8. Ch. 5 : « De Ciricsona. Si quis sit mortis reus et ad ecclesiam confugiat, vitam habeat et emendet sicut rectum consulet. Si quis corium suum forisfaciat et ad ecclesiam ineurrat, sit ei verberatio condonata »; Scamip, Die Gesetze der Angelsachsen, Leipzig, 1858, p. 23. Il est inutile de remonter à la suite de Bède (Vie de saint Cuthbert), jusqu’au légendaire roi Lucius, qui aurait régné au 11e siècle (DuponT, Du privilège du Sanctuaire, Bulletin des Antiquaires de Normandie, t. VII, 1875, p. 472).
le Grand limite la durée de la protection de l’asile à huit jours pour les églises et trois pour leurs dépendances (mansiones ecclesiae)!. Aethelstan, au milieu du Xe siècle, accorde neuf jours pour les églises et les palais des évêques, trois pour la demeure d’un abbé et précise qu’à l'expiration du délai la vie du réfugié n’est plus garantie ?. Ces dispositions ne sont modifiées au XIe siècle ni par Ethelred*, qui divise les églises en trois classes comportant des amendes différentes au cas de violation, ni par Canut#. C’est dans les lois d’'Edouard le Confesseur, inspirées par Guillaume le Conquérant ou peut-être même mises sous son nom par le conquérant normand, qu’apparaît l’abjuratio patriae : le malfaiteur doit simplement restituer ou réparer le tort causé; mais s’il récidive il doit quitter le pays 5. Il est difficile d'affirmer que cette institution, qui se développe ensuite en Angleterre et en Normandie, est passée d’un pays dans l’autre , mais il paraît
1. Ch. 2 : « De confugio ad ecclesiam. Si quis ad ecclesiae mansionem pro: qualicumque culpa confugiat... habeat trium noctium terminum cavendi sibi, nisi reconciliari quaesierit. Si quis infra hunc terminum malignaverit eum vinculis aut verberibus, emendet singulum eorum secundum rectitudinem patriae wera, wita, et ecclesiae ministris CXX solidos pro infractione pacis ».
Ch. 5 : « De pace ecclesiarum et earum libertate. Item statuimus omni ecclesiae dedicatae pacem hanc : si quis facinorosus incurrat vel ad eam confugiat, nullus eum VII diebus contringat vel extrahat ; si quis hoc praesumat, culpabilis sit infractionis regiae pacis et ecclesiae »; SCHMID, 0p. cit... p. 71 et 73; LIEBERMANN, Die Gesetze der Angelsachsen, Halle, 1898, €. I. P:-59:
2. IV, 6, 1 : « Si regem vel archiepiscopum requirat vel sanctam Dei eccle--
siam, habeat novem noctes de termino, et quaerat quicquid quaerat, non habeat vitam diutius, de quo vere palam erit, nisi capi non possit »;
3 : « Si comitem vel abbatem... requirat, habeat terminum tres noctes, et quaerat quicquid quaerat ut supra », ScHM1D, 0p. cit., p. 151.
3. Ch. 8 : Trois classes d’églises (120, 60 et 30 schillings) ; ScHMip, op: cit...
p. 254 ; LIEBERMANN, 0p. cit., p. 161.
4. Ch. 2 : Celui qui viole la paix de l’église est à la merci du roi qui peut lui faire grâce de la vie, « nisi contingat ut per aliquod pacis confugium rex ei vitam concedat »; ScHMip, 0p. cit., p. 251 ; LIEBERMANN, op. cit., p. 350.
5. Ch. 5 : « De hïis qui ad ecclesiam pro praesidio fugerint (Codex Har-
leianus). Quicumque reus vel noxius ad ecclesiam pro praesidio confugerit, ex quo atrium ingressus fuerit, securus sit et a nemine insequente ullo modo apprehendatur, nisi per pontificem loci illius vel ministros CUS SRE PSEM
fugiendo ad domum sacerdotis vel ad curiam ejus diverterit, eandem secu--
ritatem et libertatem ibidem inveniat, quam apud ecclesiam ; dum tamert sacerdotis domus et curia in feodo ecclesiae consistant. 2. Si latro est vel raptor, quod male cepit, quod ad manum est, reddat. Et si illud extirpaverit et de suo proprio quod reddat habuerit, integrum ei a quo furatum est restituat. 3. Si autem hoc saepius egerit, et forte fortuitu sic saepius confugerit, ablatione reddita provinciam forisjuret nec redeat. Et si redierit, quisquam eum recipere non praesumat, nisi per consensum justitiariorum domini regis »; SCHMID, Op. cit., p. 493.
6. DuponrT (Du privilège du sanctuaire, Bulletin de la société des Antiquaires de Normandie, t. VII, 1875, p. 473) affirme que «ces dispositions n’étaient
qu’un résumé de ce qui était en usage en Normandie »; au contraire, RÉVILLE.
certain qu'elle a pour origine la pratique scandinave de l’utlagan!.
En Angleterre, Guillaume le Conquérant confirme simplement le droit d'asile ? et il faut attendre le XIIIe siècle pour avoir une théorie précise de l'abjuratio, organisée sur le modèle fourni par l’Assise de Clarendon (1166) et étudiée en détail par Britton #, Hornes 5, l’auteur anonyme de la FletaS et Bracton”:le réfugié peut rester dans l’église pendant 40 jours, chiffre qui est l'application du délai fixé par le statut de Winchester 8 ;: au bout de ce temps, le coroner se présente à l'entrée du sanctuaire et somme le fugitif de se rendre à la paix du roi ou de sortir du royaume : dans le premier cas, le coupable est mis en prison et y attend « sa quittance ou sa condamnation »; dans le second, il se place sur le seuil du sanctuaire, en chemise et sans ceinture, et jure’ « que il
(Revue Historique, 1892) croit à une évolution inverse. Mais il est incontestable qu'Edouard vécut vingt-sept ans en Normandie avant de monter sur le trône d’Angleterre et qu’il lui emprunta beaucoup.
1. C'était une peine très fréquente dans les pays scandinaves pour tous les crimes graves : l’utlegt, qui doit s’exiler, attend sur la côte en sûreté le vent favorable à la navigation ; cf. DUcANGE, V° Adjuratio; Jon SHetE, Den Norske Shifferett, Oslo, 1937, t. I, p. 39 et suiv.
Il est intéressant de noter que la seigneurie de Guines, devenue ensuite un comté dont la coutume suit les mêmes règles, fut constituée au cours du xesiècle par un chef danois nommé Sifrid (Livre des Usaiges et anciennes coustumes de la conté de Guysnes, éd. Tailliar, p. XI).
2. Lois de Guillaume le Conquérant, c. 1 : « Ceo est a saver : Pais a seinte iglise. De quel forfeit que hom fet oust, e il poust venir a seinte iglise, oust pais de vie et de membre » ; ScHmip, 0p. cit., p. 322; MATZKE, Les lois de Guillaume le Conquérant, Paris, 1899, p. 1.
3. Ch. 14 : « Vult etiam dominus rex quod ipsi qui facient legem suam et mundi erunt per legem … foras jurent terras regis, ita quod infra VIII dies mare transibunt, nisi aura eos detinuerit ; et cum prima aura quam habebunt postea mare transibunt, et ultra in Angliam non revertentur nisi per misericordiam domini regis : et ibi sint utlagati et si redierint capiantur sicut utlagati ». Ù
Ch. 15 : « Et prohibet dominus rex ne aliquis vaivus, id est vagus vel ignotus, hospitetur alicubi nisi in burgo, et ibi non hospitetur nisi una nocte, nisi ibi infirmetur, vel equus ejus, ita quod monstrare possit monstrabile essonium »….. STUBBS, Select Charters and other Illustrations of English Constitutional History, Oxford, 1876, p. 144.
4. Ouvrage publié par Houarp, Traité sur les coutumes anglo-normandes, Rouen, 1776, t. IV, p. 48. 2