Jean, VIII
-. Ml,
Dans le domaine temporel, les premiers chrétiens pratiquent une assistance pécuniaire, que facilitent la vie en commun et la constitution d’une caisse collectivet!. Les clercs interviendront auprès des maîtres pour éloigner de leurs esclaves un châtiment trop sévère, auprès des créanciers pour éviter au débiteur la punition corporelle ou l’exécution sur les biens : les deniers de la communauté pourront être utilement employés à réparer le tort causé par l’esclave ou le dommage résultant du non-payement de la dette, ce qui sera le plus souvent l'indispensable condition de la clémence sollicitée.
L’épitre de saint Paul à Philémon est un exemple frappant de cette deuxième sorte d’intercession. Onésime, esclave de Philémon, s’est enfui de chez son maître et est venu trouver saint Paul à Rome. Celui-ci, après lui avoir donné le baptème, le renvoie à Philémon qu'il prie de bien vouloir l’accueilhr avec charité : « S'il vous a fait quelque tort ou s’il vous est redevable de quelque chose, ajoute-t-il, mettez cela sur mon compte »?.
L'intercession, dont sortira, fortement marqué par ses règles, l’asile religieux, trouve son fondement dans les premiers principes de l'Eglise. Elle se développe avec le progrès de celle-ci dans le cadre du droit romain : l’intercession est une voie de recours extraordinaire comme celle que réalise l’asile des statues impériales.
1. Actes des Apôtres, IV, 32-35 et V, 1-5 ; Didaché, IV, 8, éd. Hemmer et Laurent, p. 10-11.
2. Cf. MELCHIORE RoBERT1, La Lettera di S. Paolo a Filemone e la condizione ÿgiuridica dello schiavo fuggitivo, Milan, Univ. du Sacré Cœur, II, 40,
CHAPIFRESEE