‹ Le Droit d'AsileChapitre 53 sur 365 · V, 18, éd. de Bonn, p · texte numérisé non relu

V, 18, éd. de Bonn, p

8. Après sa fuite hors de l’église, de faux bruits circulèrent et saint Jean Chrysostome tint à justifier son attitude : « Ne dites pas que l’homme livré l’a été par l'Eglise; ce n’est pas l'Eglise qui l’a repoussé, c’est lui qui s’est éloigné de l'Eglise... Pour quel motif est-il sorti de l’église ? Vouliez-vous être sauvé : il fallait continuer à tenir l’autel embrassé. Ce ne sont pas ces murs, c’est la divine protection qui vous mettait à l’abri du danger » (Homélie 11 ad Eutropium, éd. Bareille, t. VI, p. 13 et suiv.). On a interprété de façon excessive certains passages de cette homélie, lorsqu'on a voulu y voir l’indication d’une protection plus efficace auprès de l’autel que dans le reste de

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Sozomène raconte que les lois d’Eutrope ne survécurent pas à sa disgrâce!. Une réaction se produisit immédiatement, mais cette législation ne fut formellement écartée que sur un point : la loi du 11 décembre 399 permit aux membres des curies devenus évêques, prêtres ou diacres depuis le second consulat de Théodose, c’est-à-dire depuis 388, de garder leurs fonctions cléricales en faisant cession de leurs biens ou en trouvant un remplaçant ?.

Qu'est-il advenu des autres innovations d’Eutrope ? Il est probable que les autorités de l’empire se contentèrent d’ordonner de ne pas les appliquer et on peut trouver dans Ja loi du 7 juin 3995, qui autorise l’appel de la façon la plus large, le moyen indirect utilisé pour rétablir le droit antérieur à l’époque d’'Eutrope.

Cette supposition sera, sans doute, fortifiée si nous remarquons que, soit dans le Code Théodosien soit: dans celui de Justinien, cette constitution suit immédiatement la disposition la plus importante de la loi d’Eutrope et si nous nous rappelons le lien étroit de l’intercession et de l'asile avec les voies de recours.

Quoi qu’il en soit, en 399, l’état de droit doit être celui de l’époque de Théodose qui excluait de l’intercession et de l’asile les condamnés, les débiteurs publics et les Juifs et qui, dans une certaine mesure, par le fait même de ces dérogations particulières, ne contredisait pas le principe général de la coutume. s

Comme, de toute apparence, les lois de circonstance

l’église. En réalité, s’il est vrai qu’en fait les réfugiés croyaient être plus en sûreté auprès de la croix de l’autel, des reliques et du tabernacle (cf. p. 58, n. 2), l'expression de saint Jean Chrysostome paraît être une image de son discours : l’autel personnifie l’Eglise en face du monde extérieur.

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