‹ Le Droit d'AsileChapitre 7 sur 365 · Orientalische Litteratur, t. XXVII, 1924, p · texte numérisé non relu

Orientalische Litteratur, t. XXVII, 1924, p

4. Von Wosss, AovA«, loc. cit., : un intervalle d’un siècle sépare de la nôtre l'institution perse correspondante.

période plus récente, en particulier sur le temps des Ptolémées. La dure situation des esclaves, la domination étrangère et la situation. économique favorisent beaucoup la recherche de la protection des temples, qu'invoquent les débiteurs, les esclaves, les criminels et les réfugiés politiques 1.

L'’ixeteix, dont jouissent tous les temples, ne protège que

-les faibles et les criminels involontaires.

L’asylie est accordée à certains sanctuaires par les privilèges des souverains ; les papyri et les inscriptions, destinés à perpétuer le souvenir de ces concessions, sont nos meilleures sources pour la connaissance de l’asile des temples égyptiens. Nous avons ainsi, pour les derniers siècles qui précèdent l’ère chrétienne, des témoignages nombreux et irréfutables ?, dont certains ont fait l’objet d’études particulières à.

Les inscriptions qui nous sont parvenues sont généralement rédigées suivant un type uniforme : elles portent pour titre : « Lieu d’asile en vertu d’un réscrit royal » et reproduisent la demande adressée par les prêtres du temple au souverain avec une simple mention d’approbation de ce dernier. C’est ainsi, par exemple, que s’exprime l'inscription du temple de Pnéphéros à Théadelphie, datée de 57 avant J.-C. : « Nous désirons obtenir (supplique des prêtres à la reine Bérénice) pour notre temple confirmation officielle du droit d'asile. Nous te prions. d’ordonner que ledit temple et les terrains limitrophes — de l’ouest à l’est, sur une longueur de 117 coudées, et, du sud au nord, à partir de... jusqu’à... — soient déclarés lieux d’asile, que personne, de quelque façon que ce soit, n’en puisse être arraché par

1. Cléopatre III Evergète met en sûreté dans le temple d’Asclépios, à Cos, sa famille et ses trésors (JosèPHE, Ant. Jud., XIII, 13,1 ; cf. Boucaé-LECLERC, Histoire des Lagides, t. III, 1906, p. 122); en 114, des cultivateurs réquisitionnés se réfugient dans un temple (Pap. Tebt., n° 26 ; cf. BoucHé-LECLERCQ, op. cit., t. III, 1906, p. 318), etc.

2. LEFEBVRE, loc. cit., p. 38-39 ; von Woess, Das Asylwesen, p. 7 et suiv.

3. Décret d’asylie accordé au temple de Pnéphéros à Théadelphie (Le- FEBVRE, C.R. de l’Acad. des Inscr. et Belles Lettres, 1908, p. 772 et suiv.); au temple d’Horus à Athribis en 96 av. J.-C. par Ptolémée Alexandre (SPIEGEL- BERG, Demot. Inschr., p. 22; BoucHÉ-LECLERCQ, op. cit., t. III, p. 122); au temple de Héron à Magdola en 95-94 (CorLomp, Recherches sur la chancellerie et la diplomatique des Lagides, Public. de la Faculté des lettres de Strasbourg, fasc. 29, Paris, 1926, p. 203); octroi du privilège d’asile par Ptolémée et Cléopatre aux temples d’Isis et d’Hercule à Théadelphie en 69-68 (BreccrA, Un nuovo ieoov &oviov a Teadelfia, Bull. de la Sôc. Archéol. d'Alexandrie, N° 15, 1914) … etc... cf. également MaspéRro, Catalogue général des antiquités égyptiennes du Caire, le Caire, 1913, Nos 67089, 67296, 67328

et suiv.

violence et que quiconque sera dénoncé pour ce fait encoure la peine de mort. Nous te prions... d'écrire à Dioscouridès…

lui enjoignant de faire graver sur une stèle que l’on érigera

auprès des lieux en question... que ce temple et les terrains limitrophes sont lieu d'asile... A Dioscouridès, approuvé... »1.

Un triple effet résulte de ces privilèges d’asylie : il est interdit de pénétrer dans le temple « à qui n’y a pas affaire »; il est défendu de molester ceux qui y sont et de les expulser par la violence. Ces dispositions protègent, en principe, le personnel du temple et tous ceux qui y viennent se mettre sous la protection des prêtres, représentants du Dieu ; même les criminels en bénéficient ?.

Le contrôle de l'Etat, qui exerce des droits de police, n’est pas cependant supprimé et Philopator exclut les débiteurs publics de l’asile 4.

Il est écarté également par une règle coutumière pour les Ilépoar ic émyovÿc ; cette expression qui désigne des colons attachés à la terre, descendants d’anciens immigrants perses, est devenue une notion juridico-politique, dans laquelle le Perse représente l’ennemi soumis et non assimilé 5. Les prêtres ne respectent pas toujours cette exclusion : aussi a-t-on recours à un système de primes à la dénonciation et surtout à des clauses de renonciation à l’asile. Par des stipulations de ce genre, des Illépoat rs ëmyovÿs reconnaissent qu'ils sont exclus de l’asile (&yoyuor) ou des débiteurs ordinaires, s’assimilant à eux, s’engagent à ne se réfugier dans

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