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- Un homme puissant étant convaincu du crime de lèsemajesté et s'étant réfugié dans l’église de Sainte-Marie de Reims, saint Rémi obtint pour lui du roi Clovis la grâce de la vie et même la restitution des biens. En 585, Grégoire de Tours arrache au roi Gontran le pardon de Garachaire, comte de Bordeaux, et de Bladastès, qui s'étaient mis sous la protection de saint Martin, dans sa basilique de Tours, après avoir participé au soulèvement de Gondovald 2.
Obtenir l’intercession des évêques, dont nous avons conservé les formules 5, est, en général, le but même des réfugiés #, qui n'hésitent pas à utiliser l'influence personnelle que certains prélats peuvent exercer : le duc Gontran-Boson, poursuivi par Childebert, dont il à injurié la mère, Brunichilde, gagne l’église de la ville de Verdun, dont l’évêque est « le père spirituel du roi par le baptême »5.
Mais, malgré l’autorité des évêques, l’intercession, tendant à obtenir l’indulgence d’un magistrat ou la grâce d’un prince, constituait pour le refuge dans l’église une solution qui n’était pas toujours suffisante. En droit romain, la répression, fondée sur l'intérêt public, pouvait être assez facile ment fléchie. Chez les Barbares, au contraire, la poursuite appartient à la victime; l'administration de la justice est. imparfaite ; le roi peut accorder sa grâce, mais comme un
ne soit pas jeté dans la géhenne », Math., V, 29-30) ; mais la « lenitas » pousse les clercs à faire écarter toute peine corporelle, solution plus nette et plus sûre.
1. « Eulogius quidam vir praepotens convictus apud regem Chludowicumde crimine regiae majestatis, cum se Purgare non posset, ad ecclesiam Sanctae Mariae et ad intercessionem beati Remigii confugium fecit. Cui sanctus Remigius et vitam et rerum possessionem apud regem obtinuit »; Dom BouQUET, 0p. cit., t. III, p. 378.