Historia Francorum, VII, 21-22, eod. L., p
3. Les clercs brisèrent la porte de l’église où Gontran s'était enfermé avec l’évêque : celui-ci fut sauvé et celui-là exécuté; Historia Francorum, IX, 10, eod. L., p. 355-356.
du siècle et ainsi la présence de mon corps vous deviendrait une lourde charge »1.
Aux troubles causés à l’intérieur de l’église s’ajoutaient les multiples inconvénients résultant des tentatives faites pour en extraire les réfugiés. Les violations d’asile, que ne sanctionne, chez les Frances, aucune peine séculière, sont fréquentes et il est difficile à notre esprit de les concilier avec le respect dû aux lieux sacrés, comme le faisaient les hommes du VIe siècle : les soldats de Théodebert, qui poursuivent Parthenius et le trouvent caché dans un coffre de l’église de Trêves, s’écrient avant de le mettre à mort : « Dieu a remis notre ennemi entre nos mains ! »?2.
Les rois francs violent souvent l'asile directement ou indirectement. Ils donnent l’ordre à un fidèle de s'emparer du réfugié, ce qui suffit souvent pour que, de lui-même, le réfugié s'échappe de l’église 5.
L'envoyé du roi commence par sommer les prêtres de l’église, en essayant de les intimider4. Grégoire de Tours résista énergiquement aux menaces de Chilpéric et de Frédégonde, qui lui demandèrent successivement de livrer Gontran-Boson 5 et Mérovéesf. Dagobert, fuyant la colère de son père, se réfugia à Saint-Denis ; Clotaire, n'ayant pas réussi à l’en arracher, vint lui-même dans la basilique, mais dût, sur l'invitation des moines, pardonner sa faute à son ri] CCE
Lorsque le procédé d’intimidation échoue, l’agent du roi réquisitionne, chez un comte, des troupes et s’avance menaçant vers l’église. Les expulsions se font alors parfois par la violence ; vers 555, Chramne, fils de Clotaire, fit enlever de force Firmin et Césarie de l’église de Brioude où ils étaient depuis quarante jours, en profitant d’une absence de l’évé: que *; des clercs sont arrêtés ou tués au pied des autels ?.
1. Vie de saint Cuthbert, par Bèpe le Vénérable, P.L., t. XCIV, c. 779.