‹ Le Droit d'AsileChapitre 94 sur 365 · Historia Francorum, V, 4, eod. L., p · texte numérisé non relu

Historia Francorum, V, 4, eod. L., p

5. Historia Francorum, V, 8 : « Misit Chilpericus rex epistolam scribtam ad sepulchrum Sancti Martini, quae habebat insertum, ut ei beatus Martinus rescriberet, utrum liceret extrahi Guntchramnum de basilica ejus, aut non. Sed Baudegylus diaconus qui hanc epistolam exhibuit, cartam puram cum eadem quam detulerat ad sanctum tumolum misit. Cumque per triduum expectasset et nihil rescribere coeperit, rediit ad Chilpericum... » eod., L., p. 166-167.

Berthfried dans le sanctuaire en lui lançant les tuiles et les matériaux qu'ils en retirent 1.

Avant d'utiliser ces moyens violents, on tâche, lorsque c’est possible, de faire sortir le réfugié par une ruse quelconque. En 576, Mérovée épouse à Rouen Brunehaut, malgré l’opposition de son père ; pour fuir sa colère, ils gagnent Saint-Martin de Tours, mais Chilpéric les en fait sortir par une feinte réconciliation ?. Peu après, Mérovée est rasé et, vêtu d’habits cléricaux, conduit sous escorte au monastère de Saint-Calais, près du Mans; il réussit à s’échapper et revient à Saint- Martin, où il retrouve Gontran-Boson, également réfugié. Mais la haine de Frédégonde le poursuit; elle soudoye Gontran-Boson, qui réussit à faire sortir Mérovée de l’église sous le prétexte d’une chasse, mais elle ne réussit pas à le faire tuer, comme elle l’espérait, par ce moyen. Quelque temps après, Mérovée s’en alla de lui-même; arrêté près d'Auxerre par lés soldats de Gontran, il gagna la basilique de Saint-Germain, où il resta deux mois. Le bruit ayant couru qu'il songeait à revenir à Tours, Chilpéric fit garder la basilique ; toutes les portes en furent fermées, à l’exclusion d’une seule, nécessaire aux clercs de l’église ; pendant ce temps, Mérovée, découragé par toutes les embüches qu'il rencontrait, se faisait tuer par un serviteur dans la campagne de Reims 5.

Gontran envoya, en 585, un émissaire secret, Claude, chargé de se glisser dans la basilique de Tours aux côtés d'Eberulf et, après avoir capté sa confiance, de le décider à sortir de l’église et de le tuer. Claude se fit donner par le comte de Châteaudun trois cents hommes qu'il laissa à proximité du sanctuaire: il y entra et, devenu l’intime d’Eberulf, festoya avec lui dans la basilique ; puis il le tua dans l’aître, à la fin d’un banquet. Les gens d’Eberulf se précipitèrent sur lui et le mirent à mort ; les « pauvres de l’église »{ intervinrent à leur tour et il y eut une véritable bataille, qui fit de nombreuses victimes dans le sanctuaire et ses dépendances 5.

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