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Le droit de famille chinois

La Chine ouverte, c'est le grand problème actuel. Mais elle l'est, ouverte ! pas complètement, il est vrai ; mais elle commence à se donner à ces hardis pionniers qui, à travers les étroites brèches que la nature indolente et par trop conservatrice de ce peuple offre à l'Europe envahissante, savent s'ouvrir un large chemin pour le bien de tous !

Le marin y cherche la gloire ; le diplomate, l'avancement ; le commerçant, la fortune : tous veulent y trouver une source de bonheur. De même le juriste, le philosophe, l'historien y cherchent de nouvelles idijes littéraires et scientifiques, des données inédites sur ce grand peuple qui a fait subir sa séculaire influence à toute l'Asie centrale et orientale; ce peuple qui par ses antiques institutions a su, à travers les

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âges, coiiï-erver cette empreinte originale, inconsciente d'elle-même, dont la force vitale et la fierté naïve nous étonnent aussi bien par ses grandes qualités que par ses non moins grands défauts.

Il était donc intéressant d'étudier et de faire connaître à l'Occident les bases de cette immense institution chinoise : la famille.

Nous souhaitons aux lecteurs de ce travail d'un érudit autant de plaisir et de jouissances intellectuelles que nous eu avons éprouvé à le traduire.

L'auteur, habitant la Chine depuis nombre d'années, l'ayant parcourue en tous sens, en parlant la langue de façon à faire, non pas jaunir, mais ])âlir de jalousie le Mandarin le plus lettré, devait, mieux que personne, montrer à l'Europe curieuse et impatiente, l'état, à son point de vue, toujours moral et juste de la vie de famille des Chinois.

La France surtout, dont les intérêts et l'avenir en (Jhine vont toujours grandissant, ne peut se désintéresser des institutions de ce pays. Mieux il sera étudié et c-ompris, plus largement et plus fructueusement aussi la maîtresse du Tonquin et de l'Annam pourra-t-

Avant-propos. 3

elle faire prévaloir son influence en faveur de la civilisation et de la paix générale.

Cela vaudra mieux que de stériles discussions politiques.

Shanghaï, Mai, 1896.

R. DE Castella.

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