‹ Le droit de famille chinoisChapitre 3 sur 37 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Comme dans Tancion État judaïque, la famille foniu' l'unité sociale dans l'Empire chinois. C'est d'après ce modèle que l'État est gouverné, et c'est sur les relations do famille qu'est basé le droit familial. Dans cette acception, l'État est api)elé lu famille nationale ( [^ ^ kouo-kia), et les petits fonctionnaires ont reçu le nom populaire de parents-fonctionnaires.

La vie de famille chinoise, avec la pureté de ses moeurs sexuelles, et le respect filial à Tégard des })arents, a beaucoup contribué à la conservation de l'État chinois. La famille est un point central autour duquel tout gravite, et le cercle de la famille, avec son caractère conservateur, exerce au dehors sa bienfaisante influence. La vie de famille en Chine n'a à redouter aucune comparaison avec les liens de

Introduction,

famille européens, si relâchés sous beaucoup de rapports. C'est dans la famille que l'on voit la Chine sous son plus beau côté.

Le chinois ne peut pas séparer la Loi (^ lu) et la tradition, les coutumes (^^Ë kuet-hi). Un juge chinois trouvera toujours un moyen terme entre ce qui est juste, et ce qui est strictement légal. Sa décision sera toujours prise d'après une variante, un usage local, et en tenant compte du '[^ gl fohing-liy des circonstances particulières de chaque cas. C'est dans ce sens que l'on doit comprendre le droit familial ; non pas comme des lois écrites, mais comme des usages, partout en vigueur, dont il faudra largement tenir compte, lors de la rédaction du futur code chinois.

L'antiquité nous a transmis fort peu de choses sur la vie de famille chinoise. Nous en trouvons, il est vrai, déjà les grands traits dans les écrits Canoniques. Mais on peut encore reconnaître des traces du mariage par enlèvement, du rapt, dans le Chiking le Livre dos Odes (env. 1,500-200 av. J.C.)

La famille (^ kîa) comprend comme Tattique oZ«-oç, et la minch pâchdh juive, tous les membres de la même communauté réunis sous l'autorité

du Père Je famille ( ^c ^ ^'« tchang, ^ ^ Jcia tckoH, ^ ©/ti'a ku7i) sans aucune distinction; qu' ils soient entrés dans la famille par suite dn mariage ou par adoption. De même les domestiques et les esclaves. 1 Ajoutons que tous les membres de la famille portent le même nom ( $^ hsing)^ comme dans l'antiquité en Inde, en Grèce et à Rome.*

Dans les temps les plus reculés de l'histoire de la Chine le nombre des familles a pu correspondre au nombre de leurs différentes tribus. ^ L'ancienne expression ("g" ^^ po hsing), les cent noms de famille, le peuple, se trouve déjà souvent dans le Chon-king (1.2 etc).* Le chinois admet, encore aujour'dhui, comme certain qu'entre les familles du même nom, il existe une parenté, quelque éloignée qu'elle puisse être.

1- — Le Landrecht Prussien (I. I. §3) comprend égalements la valetaille dans la famille.

Page 1