‹ Le droit de famille chinoisChapitre 8 sur 37 · LES CONDITIONS REQUISES POUR LE MARIAGE · texte numérisé non relu

LES CONDITIONS REQUISES POUR LE MARIAGE

a. EMPÊCHEMENTS ABSOLUS AC MARIAGE.

La pnLerté, requise par le droit romain et le droit canon 1 comme condition préalable, indispensable pour la conclusion du mariage, ainsi qu'un certain âge, tel que le prescrivent quelques législations modernes, ne sont pas exigés par le droit chinois. Il est cependant d'usage que les hommes se marient après leur vingtième année, et que les filles ne sont pas mariées avant leurs (juinze ans révolus. Comme l'on cite, eu outre, beaucoup de lois d'exception en faveur de personnes en dessous de quinze ans, nous pouvons considérer ce chiffre comme Tâge requis. Les mariages très précoces ne sont pas aussi fréquents en Chine que l'on veut généralement l'admettre. Dans la pratique, on désigne au fils une compagne convenable, à la fille un époux également convenable, et l'on procède à

t—Pr. T. de niiptiis 1.10—1. 14. D. •23,1.-1, 4. D. 23.2— Ti/ X, ■i,2.— Lib. sext. Décret, 4.2.

Le Mariage. 23

la cérémonie du mariage lorsque leur caractère s'est formé. *

La plus grande partie de la Chine est située dans la zone tempérée, et les Chinoises arrivent à la puberté au même âge qu'en Europe (entre 13 et 15 ans). Les dernières recherches ont du reste prouvé la fausseté de l'ancienne 0})inion, selon laquelle la puberté serait plus précoce sous les tropiques que sous un climat tempéré.

On recommande en général un âge assorti entre les deux époux; de même, en particulier, ou évitera de marier une jeune fille à un vieillard. 2

En Chine aussi, un mariage jeune donne, dit-on, de bonne heure de la fermeté dans la vie. Le proverbe allemand dit : Jxing gefreity hat heînen gei^ut (Jeune marié, ne l'a jamais regretté).

L'impuberté, une maladie ou d'atitres défauts, (comme la folie, la muti-surdité) sont des empêchements au mariage, s'ils ne sont pas indiqués dans le contrat.

Des eunuques ne peuvent naturi^llemont pas

i.Comp. Sirach 7,27; '24,9-10.

S — De même dans le Tcdtiiud, Sanh. 7G.

24 Le Mariage.

se marier. Avoir des eiimK(nos ( ;ic ^ ^'^^ tchien, ^ ^ lao houn(j, ^ \ yen Jen) est un privilège impérial qui est acîcordé aussi aux membres les plus éminents de la maison de l'Empereur ; le Roi de Corée qui occupait en Chine le rang de Prince Impérial de première classe (y§i "^ Vcliin wantj), et prenait rang avant les autres princes, possédait le même privilège. Ces eunuques, vivant et servant dans le ])alais impérial ou royal, ( ^ 'g^ nei kouan), c'est là un motif suffisant pour leur rendre le mariage impossible.

Il y a cependant à Peking des gens qui avant leur castration! avaient déjà eu une femme et des enfants ; ils obtiennent de temps en temps l'autorisation de voir leur famille. En outre le cas peut se présenter, où un eunuque, par des intrigues de palais, arrive à une fonction honorifique. Il prend alors une é})0use pour la forme, et ado})te un fils pour assui-er sa succession. -

1- — Comparez Chihmg I, 11,1 et II, 5,(î, (Leir^re, Vol III, p. 1.57 et 239) et V. von Strauss, p. 208 et 332.

2-— G-'. C. Stent, Chinese Eunnclis, Jmirmd of China Branch Uoyal Asiatic Sociefi/, (Vol, XI 1^77) p. 143 et Kuiv,

Le Mariage. 25

Page 1