Les Cahiers des États sont remplis de leurs plantes
348. Dès le 30 août 1790, le président faisait connaître à la Constituante qu'il venait de lui être remis un mémoire des pauvres et mendiants de la paroisse de
(1) Gaupr.Hou, Documents inédits. Op. cit. TL. 577 (2) Archives parlementaires. Op. cit. Art. 9, p. 190. (3) GauDpiLHou. Documents inédits. Op. cit. I. 614, 7 et 8.
Bézu-la-Forêt (Eure), élection de Lyons-la-Forèêt, département de Rouen :
349. «Ils réclament le droit qu'ils ont de glaner et se plaignent que les laboureurs les en privent en faisant glaner par leurs domestiques où en mettant leurs bestiaux dans les champs aussitôt les grains mis en javelles » (1).
350. Le village du Pin déplore que : « Les fermiers aient la dureté de ne laisser glaner qu'en même temps que leurs bestiaux viennent paturer : cela fait un tort considérable aux pauvres habitants à qui on ôte la liberté de ramasser les épis restant sur terre. 1l est intéressant d’ordonner que le glanage sera permis à mesure qu'on enlève les gerbes et que défenses soient faites aux fermiers de mettre leurs troupeaux dans les dites terres jusqu’à ce que le glanage ait été entièrement fait » (2).
351. La paroisse de Chelles constate avec amerlume que « la coutume de Paris, ni presque aucune autre, n’ont parlé du glanage ; le zèle du parlement à veiller à l'ordre public lui à fait donner des règlements portant qu'on ne pourra faire entrer aucune bête dans l'héritage moissonné que trois Jours après la récolte, pour que les pauvres aient le temps de ramasser ce qui à pu en rester ; que les glaneurs ne pourront glaner qu'après l'entier enlèvement des fruits récollés et qu'il n'y aura que les pauvres hors d'état de travailler par âge ou par infirmité,
(1) GERBAUX et ScHMipr. Collection de documents inédits, 1908, Paris. Ce mémoire numéroté 1274 A. N. F10 284 a été remis à M. d Heurtault par la section chargée du code rural. (Procès-verbaux des Comités d'agriculture et de commerce de la Constituante).
(2) Collection de documents inédits, Loiret, CODES te NV arte P. 89:
tels que les vieillards ou les enfants, qui pourrontglaner, et non les personnes aisées el en état de travailler; mais que, faute par les juges des seigneurs de tenir la main à l'exécution de ces règlements, on fait dévorer par les animaux ce qui doit être réservé pour les pauvres, et on souffre que des gens, aisés el en état de travailler, enlèvent aux vrais pauvres celte légère ressource. Il faut obliger les seigneurs à faire exécuter par leurs officiers de justice, les règlements du Parlement, » (1). 392. La question du chaumage est souvent agitée. 393. «Les pauvres, dit le cahier de la paroisse de Villeron, sont privés du glanage du blé qu'ils ne produisent pas. Ils sont privés du chaume que les blés produisaient et le chaume fait le chauffage. »
304. Le Cahier de loury en Beauce s'exprime ainsi : 39». « C'est avec douleur qu’on voit chaque année le pauvre malheureux. particulièrement dans la Beauce, où le bois est d’un prix excessif, attendre une ordonnance de police quelquefois différée jusqu'au mois de novembre, pour ramasser le chaume, objet important pour lui, puisqu'il n'a que cette ressource pour faire cuire ses aliments pendant l’année et pour supporter la rigueur de l'hiver. Pour remédier à cet abus et venir au secours de l’huma- -nité, on pourrait auloriser les officiers municipaux à permettre de ramasser les chaumes aussitôt que les grains seraient serrés » (2).
396. Celui de Tivernon s'élève contre les abus de pouvoir des procureurs fiscaux :
(1) Archives parlementaires. Etats généraux de 1789. Cahier contenant les doléances et remontrances de la communauté de de Chelles, t. IV, p. 421, art. 4, 2°.
(1) Documents inédits. Loiret. Op. cil., [. 535.
357. « Tout le monde sait que les chaumes sont en majeure partie la forêt du pauvre pour le garantir des rigueurs de l'hiver, et qu'outre cela, dans la campagne, toutes les maisons en sont couvertes; quoique ce soit pour lui d’une assez grande utilité il en est très souvent privé par le procureur fiscal qui devrait le souteniret veiller à ses intérêts, défendant et ne lui donnant la permission de l’amasser pour l'ordinaire que quand la saison est trop avancée, etce pour donner le temps aux seigneurs de chasser. On demande donc, pour le bien et l'avantage du pauvre, ensemble pour le laboureur qui a un grand intérêt que ses chaumes soient ramassés pour avoir de l'avoine, qu’il ne soit plus au pouvoir du procureur fiscal mais du laboureur, de défendre et de permettre d’aller ramasser ses chaumes (1).
308. Un certain nombre de localités protestent contre l'usage de la faux.