REVUE SOCIALISTE
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n. | AVANT-PROPOS
Le terrible conflit qui désole l'humanité concentre aujourd’hui l'attention du monde entier, laissant à peine le temps de songer aux conflits qui, antérieurement, nous préoccupaient cependant à juste titre, bien qu’ils n'aient jamais revêtu les proportions gigantesques prises par cette guerre devenue véritablement une guerre mondiale.
Convient-il toutefois d'oublier complètement ces luttes intestines qui avaient si gravement compromis la paix intérieure dans les différentes nations : luttes entre les partis politiques pour la conquête du pouvoir, luttes entre les classes sociales pour la conquête du bonheur matériel ? Nous ne le croyons pas. Car le jour où nous pourrons enfin jouir du bienfait si ardemment désiré d’une paix juste et aussi durable que possible, nous verrons certainement renaître ces luttes auxquelles la nécessité de l'union devant l’ennemi a imposé une trêve, mais seulement &re trêve. Ce serait, pensons-nous, se leurrer d'illusions et se préparer d’amères déceptions que de croire que l’union sacrée se maintiendra après la guerre Peut-être pouvons-nous espérer que les rivalités seront moins aiguës, surtout dans les classes éclairées de la nation. Mais ces rivalités reparaîtront fatalement : elles sont de tous les siècles ; elles subsisteront aussi longtemps que le monde lui-même.
Il en sera ainsi notamment du conflit si grave qui, depuis de longues années déjà, avait mis aux prises la classe prolétarienne et la classe capitaliste, conflit dont l'aboutissement final est la grève.
C’est cette question de la grève que nous nous proposons de
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traiter, question d’ailleurs fort importante, puisque, les hostilités terminées, les Parlements seront certainement obligés de poser des règles en cette matière, pour mettre fin à une situation qui, avant la guerre, était devenue angoissante.
Nous voudrions rechercher si la grève constitue véritablement un droit, si ce droit comporte des limites et lesquelles, heureux si notre travail apportait un peu de lumière et de clarté dans une matière si complexe et si délicate à réglementer, à raison
des nombreux intérêts en présence, à raison aussi, il faut l’avouer, des passions qui sont en jeu.