XXII ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE
sur la philosophie, les mathématiques et la jurispru- ] dence, avec un applaudissement général. Grotius avail '. eu pour maître le célèbre Joseph Scaliger. Entré de i bonne heure au barreau, il n'avait pas dix-sept ans Icw- 1 qu'il plaida sa première cause. Mais cette carrière eill 7 d'abord peu d'attraits pour lui. Passionné pour les scteib- j ces et pour la littérature, il s'arrachait avec peine à d)fe j études séduisantes pour les travaux souvent ingrats llsa profession. Bientôt de plus vastes horizons s'onvrircÉl^ à son activité. L'estime de ses concitoyens l'inve^l;. successivement du titre nouvellement créé d'histoiio^ graphe des Provinces-Unies, et des fonctions d'avœi général du fisc pour les provinces de Hollande et dl Zélande. Il n'avait que vingt-cpiatre ans lorsque ce*, place importante lui fut confiée. A vingt-cinq ans il épousa Marie de Reigesberg, fille d'un ancien bourj^ | mestre de Véer, et qui devait jouer un rôle si touchant ! quelques années plus tard. Le Pensionnaire de Rotfer- i dam, frère de l'illustre Barneveld, étant mort, Grotinii : fut choisi pour le remplacer. Déjà, dans sa première j jeunesse, Grotius avait suivi en France Barneveld, j nommé ambassadeur de Hollande. Présenté à la co^ 1 de Henri IV, il avait mérité par son esprit et par Èk ] conduite les éloges du Béarnais, qui le gratifia d'iHie chaîne d'or*. Les nouvelles fonctions de Grotius établirent d6 plus intimes rapports entre Hugues de Oreot * et le Grand Pensionnaire de Hollande. Ces deux hommes *" ne tardèrent pas à s'unir par les liens d'une estime et d'une affection mutuelles. Grotius s'associa aux destifiéeft
* Grotius était alors âgé de noios de quinze ans. li se félloiU une pièce de vers latins d*ay4>ir été présenté à Hairi IV> et <x touché cette main terrible dans les combaU, el <v^i ne dut le seeptit qa'à sa valeur, »
SUR 6&0TIUS ET SON TEMPS. XÏItî
) Bamereld ; il seconda son administration. Bientôt il at partager ses malheurs.
Ce fut l'intolérance religieuse qui prépara les cataat)phes dont Bameveld et son ami devaient être les vicnaes. Une querelle théologique, aussi obscure que fri- >le, fit éclore des dissensions que le fanatisme ne tarda ts d'ensanglanter. Deux professeurs de l'université de ;yde, Ârminius et Gomar, avaient émis des doctrines ^posées sur la grâce et sur la prédestination. L'opinion ànuinius paraissait plus conforme à la raison et à la »nté divine; l'opinion de Gomar semblait plus conrme à la doctrine de Calvin. Peu de controverses théoriques ont été cependant aussi vivement agitées, et ont i des ramifications aussi étendues. Suivant les uns, la iture corrompue de l'homme était regardée comme capable de s'élever par sa propre énergie à un état ^éable à Dieu, ou même de le vouloir avec un désir Qcère, sans être excitée par la grâce, qui n'est octroyée j'à quelques-uns seulement, et qui est dite libre, parce ae Dieu n'est limité, dans la concession de ce don, par icune considération de personnes. Ainsi donc, le prinipe essentiel de cette doctrine était la nécessité de la race première, c'est-à-dire qu'il n'est pas au pouvoir de homme de faire, de prime abord, aucun acte tendant à 3n salut. Ce principe, modifié de diverses manières, tait regardé comme la doctrine orthodoxe; doctrine tablie dans l'Église latine par l'influence de saint Au- [ustin, généralement reçue par les scolastiques, par la plupart des premiers réformateurs, et qui paraît avoir îté inculquée par les décrets du concile de Trente auant que par les articles de VÉglise d'Angleterre. I^s iMtres, au contraire, s'accordant avec les premiers svu