‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 18 sur 87 · XXXIV ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

XXXIV ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE

point hérité des ressentiments de Maurice ; il avait mèn entretenu des rapports avec Tillustre réfugié'. Grotii tenta quelques démarches. Il fit même un voyage c Hollande, pour y travailler à sa réhabilitation. Mais \ succès ne couronna pas ses efforts. Ses amis Taccueilt rent; sa personne fut respectée; ses biens confisqués li furent même restitués; on lui fit entrevoir la favei d'une grâce; mais il demandait une réhabilitation, et i pouvant obtenir justice complète, il préféra rencM cer à son pays.

Grotius ne revint pas en France. L'hospitalité qu'il

* Cocceius a publié dans son édition, la copie de la lettre écrits 4 août 1622, par Henri-Frédéric, prince d*Orange, à Grotius. Noos transcrivons telle qu'elle se trouve en français dans cette édition :

fl AU SIEUR HUGO DE GROOT.

• Monsieur, » Je TOUS remercie des bons offices que vous m'avez rendus par delà n quelques-uns du Conseil du Roy : ce que je vous supplise de continuer tant fi les susdits, que autres que vous jugerez à propos; vous asseurant que je re gnoistray cette bonne volonté en tentes occasions où j'auray le moyen de v( servir. Je vous supplie aussi de faire estât de mou affection : et vous asseM que je vous la continueray toUsiours, y estant obligé par celle que m'aves ti moignëe de tout temps. J'ai prié vostre beau-frère le sieur Reigesberg de vc •scrire particulièrement sur quelque sujet, sur lequel je seray fort aise d'i teudre vostre advis : vous m'obligerez fort de me l'envoyer, comme vous v desjà faict par le mémorie que vous m'avez envoyé, dont je vous remercie b fort. Je souhaiterois de pouvoir estre utile en vos affaires par deçà, et i employerois de tout mon cœur ; mais vous scavez la constitution des affaî estre telle, que ny moy, ny vos autres amys, ne pouvons vous y servir, com nous désirerions bien. Je veux espérer que le temps y pourra apporter changement, et que je vous pourray revoir en ce pays estimé et honoré con vos rares qualitez le méritent : de quoy je ne recevray pas moins de contes ment que j'ay fait de vostre liberté. Cependant je vous souhaite en vostre él gnement de vostre patrie tout le contentement, heur et prospérité que vi scauriez désirer. Ce que je prie à Dieu de vous donner, et à moy l'occasion vous faire paroistre par effect que je suis,

» Monsieur, » Votre très-affectioenné à vous faire servi

» Fr.-Henrt de Nassau. »

De La Haye le iv d'aoust 16SS.

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