LX BSSA.I BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE
forme de notes, tout ce que sa mémoire ou ses lectures lui fournissaient de détails propres à justifier ou à développer sa pensée. Il regardait lui-même cet appendice d'annotations comme devant augmenter l'ouvrage au moins de moitié, par le grand nombre d'autorités anciennes et modernes qui s'étaient présentées sous sa plume, et qu'il avait jugé utile d'invoquer ^ C'est ce qui servit à faire valoir la nouvelle édition cpii parut à Amsterdam en 1642, et qui fut la dernière que GroUus vit publier. Il n'eut pas le temps, ni peutrétre la volonté, de. préparer de nouvelles additions. Une édition posthume fut publiée en 1646. Les autres éditions, publiées depuis, n'ont fait que copier cette édition posthume, jusqu'à celle de 1720.
Barbeyrac cite parmi les détracteurs du livre de Grotius, Jean de Felde, professeur de mathématiques à Helmstadt, qui publia sur cet ouvrage des notes pleines d'animosité, en 1653^. Théodore Graswinckel, jurisconsulte parent de Grotius, natif comme lui de Delfl, et qui avait servi de copiste à notre auteur pour mettre au net le livre même dont il entreprit la défense, publia en 1654 une réponse à la critique de Jean de Felde. Ce dernier attendit pour répliquer, qu'on réimprimât ses notes en Allemagne, ce qui n'arriva qu'en 1663, et il y joignit des Réponses à la Réfutation de Graswinckel K Une polémique assez vive s'engagea; mais le défenseur deGro-
* n Part., Epist. 471 ; I Part., Epist. 1-234.
3 Voir une lettre de Saumaise, dans le t. I, Ànimadv, Phûol, H Histor, de Th. Crenius, p. 22. — Thomasius, Pauîô plenior Uittor, Juris Naturalis, cap. vi, g 3. — Buddeus, Histor. Jur, NtUur., { 27.
3 A léna, sous le titre de Joannis A Felden annotata in flttgonem Grotium, De Jure Belli et Paeis ; cum responsùmibut ad strietwai ûraswinckélii. Le titre du livre de Graswinckel était : Strietwrse ad eensuram J, A, Felden, etc.
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tius, soit par impuissance ' , soit par mépris des chicanes de son adversaire, la lit cesser bientôt par son silence ^.
Gomme il arrive toujours, les efforts redoublés de la critique envieuse ne diminuèrent rien de la popularité de Tœuvre de Grotius. Il ne firent que l'augmenter, en excitant la curiosité de comparer la critique avec le livre critiqué. L'électeur palatin, Charles - Louis, ordonna qu'on l'expliquât publiquement dans l'université d'Heidelberg. En 1663, dans l'année même où de Felde publiait la nouvelle édition de ses Notes, Henri Boeder, professeur d'histoire à Strasbourg, faisait paraître la première partie d'un commentaire, tout empreint d'enthousiasme pour l'ouvrage de Grotius. Dans une lettre écrite au baron de Boinebourg, chancelier de l'électeur de Mayence, Boeder portait l'admiration jusqu'à jurer tf que personne ne s'élèverait jamais au degré de gloire qu'avait^tteint Grotius; que l'ouvrage de cet auteur restait et resterait toujours incomparable, et que ceux qui s'aviseraient de vouloir le surpasser sur un point quelconque, s'exposeraient à la risée de la postérité ^. » Cet enthousiasme valut à Boeder et à ceux qui suivirent son opinion, de la part des théologiens et des jurisconsultes scolastiques, le sobriquet de Grotiem,
On cite encore les Notx subitariœ de Gaspar Ziégler, professeur de droit à Wittemberg, publiées en 1666; et les Observationes maximam partem theologicx de Jean- Adam Osiander, parues à Tubingueen 1671 : celles-ci, toutes empreintes d'une acrimonie mal déguisée, et pleines de malveillantes insinuations; celles-là moins
* TflOMAsros, Histor. Jur. Natur.^ cap. si, l 3. 3 BoDOEUs, HUtor, Jur. Natur,, § 27.
* Thomasios a inséré cette lettre tout entière dans sa : Paul6 pie* %ior Hisloria Jans JVa(uralù, publiée en 1719, Âppend. iu