‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 3)Chapitre 42 sur 45 · I. — 1. Mais s’il leur est ordonné de prendre du · texte numérisé non relu

I. — 1. Mais s’il leur est ordonné de prendre du

que les criminels. » Hist. de la littérat. de l'Eur,, édit. 1840, 1. 1, P. 304, 305. 7 PP.

1 Barbeyrac développe ainsi ce n° 11 du sommaire : « Comment doit se conduire un inférieur, lorsque son supérieur le consulte sur la justice de la guerre qu'il a dessein d'entreprendre, ou lorsqu'il lui laisse le choix de servir, ou non. » P.P.F.

LVRE 11, CHAPITRE KXVL. 615

objectait que les chrétiens se refusaient au service militaire : « À ceux qui, étrangers à notre foi, nous ordonnent de porter les armes pour la chose publique, et de tuer des hommes, nous répondrons ainsi : Ceux qui sont les prêtres de vos idoles, et les flamines des dieux que vous croyez tels, conservent leurs mains pures pour les sacrifices, afin d’être dignes de les offrir à ces dieux prétendus, avec des mains innocentes, et qui ne soient souillées d'aucun meurtre : ce qui fait même que lorsqu’il survient quelque guerre, on n'enrôle pas ces prétres. Que si cela n’est pas dépourvu de raison, combien plus ne doit-on pas, tandis que les autres font la guerre, considérer comme portant les armes à leur manière ceux qui, comme des prêtres et des serviteurs de Dieu, conservent, il est vrai, leurs mains pures, mais ne laissent pourtant pas de combattre par leurs prières auprès de Dieu, en faveur de ceux qui font la guerre pour une juste cause, et de celui qui règne légitimement ? » Dans ce passage il appelle « prétres» tous les chrétiens, à l'exemple des écrivains sacrés(Apocal.,1.6;1PETR., 11,5). ++ VL.— 1. Je suis d'avis, au reste, qu'il peut arriver même que dans une guerre non-seulement douteuse, mais encore manifestement injuste, la défense des sujets puisse être juste à certains égards. Car, comme l'ennemi, bien que faisant une guerre juste, n'a pas véritablement et en conscience le droit de tuer des sujets innocents, et n'ayant aucune part à la faute de la guerre, à moins que ce ne soit ou pour sa défense nécessaire, ou par voie de conséquence, et en dehors de son dessein — car ils ne méritent pas d'être punis — il suit que s’il est constaté avec certitude que l'ennemi est venu avec l'intention de refuser absolument d'épargner, le pouvant, la vie des sujets appartenant à l'ennemi, ces sujets peuvent se défendre en vertu du droit de nature, qui ne leur a pas été enlevé par le droit des gens.

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