XXIV "ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE
la nécessité du secours de TEsprit daus les efforts que fait l'homme pour vaincre ses mauvais penchants et retremper son cœur dans la crainte et l'amour de Dieu, pensaient que tout pécheur est apte à chercher ce secours, qui ne lui sera pas refusé, et conséquemment à commencer l'œuvre de la conversion par sa propre volonté. Ils niaient donc la nécessité de la grâce première, excepté en tant qu'elle est extérieure, ou, ce qui revient au même, ils affirmaient qu'elle est accordée dans une proportion suffisante à tout individu vivant dans le giron de l'Église chrétienne, soit au moment du baptême, soit par quelque autre moyen. Ils considéraient l'opinion contraire, fondée ou non sur la supposition d'un décret étemel, comme incompatible avec les attributs moraux de la divinité et avec la teneur générale des Écritures. Mais cette doctrine était rejetée par la majorité.
Le petit nombre de savants qui, en Angleterre ou dans les Églises réformées du continent, avaient, au XVI* siècle, adopté ces nouveautés hétérodoxes, comme on les regardait alors, n'excitèrent pas, à beaucoup près, autant d'attention que Jacques Arminius, appelé à la chaire de théologie de l'université de Leyde en 1604*. La controverse mûrit en peu d'années. Elle se rattachait intimement, non pas, à la vérité, par sa nature, mais par quelques-unes de ces influences collatérales qui ont souvent une action si puissante sur l'opinion, aux rapports politiques qui existaient entre le clergé et les États de Hollande, comme elle se rattacha plus tard aux diffé-
* Voir VHistoire abrégée de la Réformation des Pays-Bas, par Brandt, t. II; VHistoire Ecclésiastique de Mosheim, traduction de Maclaine) t. V, p. 228; VHistoire des Variations de Bossuet; et Hallam, Histoire delà Littérature de V Europe, etc., traduct. d'Alph. Borghers, 1840, t. 111, p. eOetsuiv.