SUR GROTIUS ET SON T£MPS. XXIII
de Bdrneveld; il seconda son administration. Bientôt il dut partager ses malheurs.
Ce fiit l'intolérance religieuse qui prépara les catastrophes dont Barneveld et son ami devaient être les victimes. Une querelle théologique, aussi obscure que frivole, fit éclore des dissensions que le fanatisme ne tarda pas d'ensanglanter. Deux professeurs de l'université de Leyde, Arminius et Gomar, avaient émis des doctrines opposées sur la grâce et sur la prédestination. L'opinion d' Arminius paraissait plus conforme à la raison et à la bonté divine; l'opinion de Gomar semblait plus conforme à la doctrine de Calvin. Peu de controverses théologiques ont été cependant aussi vivement agitées, et ont eu des ramifications aussi étendues. Suivant les uns, la nature corrompue de l'homme était regardée comme incapable de s'élever par sa propre énergie à un état agréable à Dieu, ou même de le vouloir avec un désir sincère, sans être excitée par la grâce, qui n'est octroyée qu'à quelques-uns seulement, et qui est dite libre, parce que Dieu n'est limité, dans la concession de ce don, par aucune considération de personnes. Ainsi donc, le principe essentiel de cette doctrine était la nécessité de la grâce première, c'est-à-dire (Ju'il n'est pas au pouvoir de l'bonmie de faire, de prime abord, aucun acte tendant à son salut. Ce principe, modifié de diverses manières, était regardé comme la doctrhie orthodoxe^ doctrine établie dans l'Église latine par l'influence de saint Augustin, généralement reçue par les scolastiques, par la plupart des premiers réformateurs, et qui paraît avoir été inculquée par les décrets du concile de Trente autant que pdr les articles de l'Église d'Angleterre. Les autres, au contraire, s'accordant avec les premiers sur