‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 4)Chapitre 23 sur 113 · XXXII ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

XXXII ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE

échappé aux recherches de ceux qui avaient confisqué ses biens, et il avait à peine de quoi entretenir sa famille avec la pension assez mal payée que lui donnait Louis XIII *. Il fallait donc que pour les livres dont il avait besoin il vécût d'emprunts. La bibliothèque de Jacques-Auguste de Thou, le fils du célèbre historien, fut celle qu'il témoigne avoir eue à sa disposition ^.

Le séjour de Grotius à Balagni ne fut pas de longue durée. Il ne paraît pas que l'hospitalité trop vantée du président De Mesmes, ait été pour l'illustre réfugié exempte d'amertume. Grotius, comme tous les grands penseurs, dut compter avec l'hypocrisie et le fanatisme. Il fut, vers cette époque, obligé de se justifier auprès de M. De Thou, qui lui donnait avis de certains bruits répandus sur ce qu'il n'observait pas le carême, et qu'on faisait dans sa famille des exercices presque publics de dévotion, à la manière des protestants'. Il répondit que, bien loin de là, il avait même expressément ordonné qu'on fit maigre chez lui, le vendredi et le samedi, résolu qu'il était à suivre la mode du pays, en matière de pareilles choses; que, depuis qu'il était dans cette campagne, il n'avait vu aucun des ministres réfugiés de Hollande, ni rien fait qui put scandaliser les catholiques romains. Il promit, d'ailleurs, d'être désormais encore plus circonspect, pour ne pas donner lieu au président de. se plaindre de lui avec la moindre apparence. Cependant Grotius dut quitter bientôt Balagni. Ayant appris que le maître de la maison de campagne se disposait à venir l'occuper, et craignant de l'importuner, il

* }lémoirei de Du Maurier, p. 449, dern. cdit. delioil.; et lettres de Grotius, ï part., Epist. 207. Append., Epist. ()4. 2 î part . Epist. 195 cl 198. II pari.. Epist. 292 ^ I pan. Epist. 190.

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