‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 4)Chapitre 35 sur 113 · XLIV ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

XLIV ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE

rière orageuse des affaires publiques. Inquiet des jalousies dont il se voyait Fobjet, fatigué du climat rigoureux de la Suède, il demanda sa retraite. Christine résista quelque temps, mais sur les instances réitérées de Grotius, elle finit par lui accorder ce congé tant diésiré, en y ajoutant un riche présent. Grotius était désormais placé à l'abri du besoin; il n'aspirait plus qu'à couler dans le repos et dans la culture des lettres les jours de sa vieillesse. Il s'embarqua pourLubeck, l'une des villes anséatiques. Mais à peine était-il en mer, qu'une violente tempête s'éleVa. Après avoir lutté pendant trois jours contre les vents, son vaisseau fit naufrage sur les côtes de la Poméranie. Accablé de fatigue, monté sur un charriot découvert, Grotius fit soixante lieues, exposé au vent et à la pluie, et arriva mourant à Rostock. Là, éloigné de sa famille et de ses amis, après onze jours de maladie, il expira dans la nuit du 28 au 29 août 1645, entre les bras d'un ministre de sa religion ^ Ses entrailles furent dépo-

mais il ne scauroit vous exprimer parfaictcmentà quel point son sourrnir m'est cher, et les effects de ses travaux considérables. Que &i l'or et l'argent pouvoyent contribuer quelque chose à rachepter une si belle vie, il n'y auroil rieo en mon pouvoir que je n'employasse de bon cœur pour cet effer.t. Jugez de là, que vous ne scauriez mettre ces beaux monuments et reliques entre des mains dont ils soyent mieux nçus et traictez, que les miennes; et puisque la vie de leur autheur m'a esté si utile, ne souffrez pas que sa mort me prive entièrement des fruicts de ses illustres peines. Tentends qu'nvec les livres que d'autres ont faicts, vous me fassiez tenir tous ses mémoires manuscripts et extraicls, suivant la promesse que vous m'en faites dans vostre lettre. Vous ne me scauriez jamais mieux tesmoigner vostre bonne volonté, qu'en ce rencontre, ut j'ay, Dieu mercy, dequoy le recognoistre, et vous en récompenser, ain^i que mon ambassadeur vous donnera à entendre plus particulièrement, auquel me remettant, je prie Dieu qu'il vous maintienne en sa saincte grâce,

CURISTIME. »

A Stockholine ce 43 d'aoust 4648.

* Il y a les détails suivants dans la vie de Grotius qui précède l'édition de Gocceius. Je traduis :

c Le lendemain on fit venir auprès de lui le docteur en médecine Stockmannus, qui, ayant observé les pulsations, attribua to raible;ise du

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