‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 4)Chapitre 34 sur 113 · SUR GROTIUS £T SON TEMP^. XLIII · texte numérisé non relu

SUR GROTIUS £T SON TEMP^. XLIII

Ces préoccupations théologiques n'avançaient point les affaires de la Suède. Grotius avaitril assez de souplesse pour lutter avec avantage contre les obstacles qui se dressaient devant lui? Oxenstiern dut venir lui-même en France pour conclure le traité que son ambassadeur avait été chargé de négocier. Grotius, abreuvé de dégoûts, mais soutenu pourtant par l'estime du grand ministre suédois, sollicita bientôt et obtint son rappel. Il revint en Suède et voulut traverser la Hollande, où il fut reçu avec honneur. La plupart de ses ennemis étaient morts; la fortune était devenue favorable à l'ancien réfugié. Rien ne réhabilite comme la prospérité et la gloire. La Hollande se repentit enlin d'avoir méconnu et condamné l'un de ses plus grands génies.

Arrivé à Stockholm, Grotius reçut de la reine et du grand chancelier un accueil flatteur. Christine avait un esprit trop éclairé, pour ne pas tenir à s'attacher l'illustre ami de Barneweld K Mais Grotius était lassé de la car-

ehoses nen essentielles Tépiscopat, que les évéques considéraieDt comme étant de droit divin. Grotius persistit dans son opinion, que l'épiscopat n'était point commandé comme une institution perpétuelle, et il pensait alors qu'il n'y avait, entre les évéques et les prêtres, d'autre distinction que celle de préséance.

* Voici la lettre qui fut adressée par la reine Christine, à la veuve de Grotius, le 12 août 1648, telle qu'elle est reproduite en français dans la vie du publiciste hollandais, par Cocceius.

• Madame,

• J'ay a{>pris de vostre leltre du 46 juillet, comme quoy mon ambassadeur a eiécotéles ordres que je luy avois donaés touchant les livres de feu Monsieur Grotius Tustre marj ; et que nonobstant les offres que des autres avoyent faicles pour s'en rendre possesseurs, vous avez eu plus de considération pour mes désirs, que pour les avantages que l'on vous faisoit espérer de ce costé-là. J'ad- Toae que dans le plaisir que je prens à la lecture des bons autheurs, je sois tellement amoureuse des escrits de Monsieur Grotius, que je ne m'estimerois pas contente, si je me vois descheue de l'espérance de les associer à ma Biblio^ tMqne. Mon unbassadear toua peut avoir dict une partie de la haute estime que je fais de son admirable iuielligcnce, et des bons ser? ices qu'il m'a rendus ;

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