‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 4)Chapitre 67 sur 113 · LIVRE 1, CllAPlTRL II · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CllAPlTRL II

tez-iuî aussi l'autre. » De là, en effet, quelques-uns concluent qu'on ne doit repousser aucune injure, et qu'on ne doit en tirer aucune vengeance, soit publique, soit privée. Ce])en(lant tel n'est pas le sens de ces paroles. Jésus- Clirist ne s'adresse pas ici aux magistrats, mais à ceux que l'offense a atteints ; il ne parle point de toute injure quelconque, mais de l'outrage (jui serait de la nature d'un soufflet. Les derniers termes de sa proposition restreignent la généralité de ceux qui précèdent.

4. C'est ainsi que dans le précepte suivant : « Si quelqu'un veut plaider contre vous pour vous prendre votre tunique, laissez-lui encore emporter votre manteau (*), » il n'y a point une défense absolue de recourir au juge ou à l'arbitre. Telle est l'interprétation de Paul, qui n'interdit pas tous les procès (1 Gorinth. vi, 4), mais qui défend que les chrétiens plaident entre eux dans les tribunaux profanes ; et cela à l'exemple des Juifs, chez lesquels c'était une maxime reçue que « celui qui port« les affaires regardant les Israélites à la connaissance des étrangers, déshonore le nom de Dieu. » Mais la volonté de Jésus-Christ est, afin d'exercer notre patience, que nous ne plaidions pas en justice pour des objets facilement recouvrables, tels qu'une tunique, ou, avec la tu-

(*) Cyprien {de Patientid) explique cela ainsi : «i Ne redemandez point ce qa'on vous a pris. » « A celui qui vous enlève votre tunique, dit Irénèe (lib. IV, cap. xxvii), donnez votre manteau ; mais ne soyez pas attristés comme des gens qui se résignent à être dépouillés; réjouissonsnous comme si nous avions donné volontairement. Et si quelqu'un vous contraint a faire mille pas, faites-en deux mille avec lui ; ne le suivant pas comme un esclave, mais le précédant comme un homme libre, n Libanius, qui avait lu les Évangiles, loue dans une de ses harangues {Df euMtodid reorum), ceux qui ne plaidaient pas pour un manteau ou une tunkioe. Suivant Jérôme {Dialog. l, contre Pelage), a L'Évangile nous enseigne que si une personne veut nous appeler en justice et nous dé pouiller de notre tunique par des chicanes, il faut lui laisser aussi le manteaa. » Grotils.

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