LIVRE II, CHAPITRE XVIII
égard; » « le droit divin et le droit humain leur est dû; » « le droit des ambassades est saint entre les nations; » a les traités sont saints pour les nations; » « c'est l'alliance du genre humain; » « les personnes des ambassadeurs sont saintes; » «ce nom a été saint pour les peuples à travers les siècles, » suivant Papinius. Cicéron parlant des réponses des aruspiees dit : « Pour moi, je suis de ce sentiment, (pic le droit des ambassadeurs n'est pas seulement fortifié de la protection des hommes, mais que même le droit divin lui sert comme d'un retranchement. » C'est pourquoi le violer n'est pas seulement injuste, mais c'est encore impie, de. l'aveu de tous, dit Philippe dans une lettre aux Athéniens (*).
II. — 1. Mais il faut savoir premièrement, que ce droit des gens, quel qu'il soit, dont nous traiterons, concerne les ambassadeurs que s'envoient entre eux ceux
suivant le droit des gens. » Pour ne pas noter tous les passages, ajoutez Tite-Livc, lib. I, sur les députés de Laurenlc; Dion Chrysostômc (De loge cl consuc(udinc); Vcllcius Patcrculus (an commencement du livre II); Ménandrc le Protecteur; la lettre de Félix à Zenon, dans l'Appcndix du Code théodosien, public par Sirmond. Totila, dans Procopc [Gotlhic, lib. III), dit : « La coutume de tous les barbares, pour parler généralement, est de respecter les ambassadeurs. » De Schafnaburg a dit la même ebose des barbares. Aimoin attribue ces paroles au roi Clovis : << Enfin, c'est selon les lois divines et humaines que doivent être à l'abri de toutes atteintes ceux qui viennent en médiateurs au milieu des armes ennemies. L'ambassade seule, au milieu des armes, est la médiatrice de la paix. Celui qui s'acquitte d'une ambassade dépouille le caractère d'ennemi. » Voyez aussi Radcvic, dans son Appendice. Au sujet des Polonais, voyez Cromcr, lib. XX ; à l'égard des Turcs, Lcunclavius, lib. VIII et lib. XVII; sur les Maures, Mariana, lib. XII. Grotius.
(*) « Acte impie, » dit Plutarque, dans la vie de Paul Emile, en racontant le fait de Gcntius (a). Josèphe (Ilist. aniiq., lib. XV) dit : « Ce nom peut réconcilier les ennemis entre eux; que peut-on donc faire de plus impie que de mettre à mort les ambassadeurs, qui parlent pour l'équité 1 » Grotius.
(a) Il s'agit de Perséc, roi de Macédoine, qui avait retenu prisonniers les envoyés de Gcntius, roi d'illyrio. P. P. F.