LIVRE 11, CHAPITRE XYlll
ou suspect (*), connue l'était avec raison pour É/échias l'ambassade de l'Assyrien Rliabsacé, envoyé pour soulever le peuple (Il Keg., xviii); ou lorsque l'ambassade ne répond pas à la dignité de celui à qui elle est envoyée, on qu'elle vient à contre-temps. C'est ainsi que les Romains signifièrent aux Étolicns de ne pas leur envoyer d'ambassade, sans la permission du général romain (Tite-Live, lib. XXXVII); à Persée, de ne pas en envoyer à Rome, mais à Licinius [Id.y lib. XL11) , et qu'il bit ordonné aux envoyés de Jugurtha de sortir dans les dix jours de l'Italie (**), à moins qu'ils ne fussent venus pour livrer leur royaume et leur roi (Sallust. Dell, Jiujurlh.). On est du reste tout à l'ait fondé eii droit pour refuser d'admettre les missions permanentes qui sont de nos jours en usage, et dont le peu d'utilité est démontré par la pratique des temps anciens, auxquels elles étaient inconnues l.
(*) C'est ainsi qu'André de lUirgo, ambassadeur de l'empereur en Espagne, ne fut pas reçu; Mariana, lib. XXIX. On trouve quelque chose de semblable dans CROMER, lib. XX. G.
(**) L'empereur Charles-Quint Ht conduire dans un lieu éloigné de sa cour, de trente milles, les ambassadeurs de France, iles Vénitiens et des Florentins, qui étaient venus pour lui déclarer la guerre (a). GuiciiAndi.\, liv. XVIII; Du Bellay, liv. III. Grotius.
' Il n'est pas de circonstance qui marque plus clairement les progrès de la civilisation moderne, que l'institution des missions diplomatiques permanentes enlre les différents Étals; missions dont Grotius conteste l'utilité. Les peuples du monde ancien entretenaient entre eux des relations diplomatiques, sinon permanentes, du moins transitoires. Ils traitaient ensemble par leurs hommes d'État et leurs orateurs (-pÉc^ciç, Legati, Oratorcs) sur leurs intérêts réciproques, à mesure que ces intérêts surgissaient occasionnellement. Les papes commencèrent de bonne
heure à entretenir au; rès des princes des races franques, des missions
(a) Cet exemple ne fait rien au sujet. Il s'agit d'ambassadeurs qui étaient actuellement auprès de Charles-Quint, et qu'il lit arrêter, jusqu'à ce qu'il eût avis que les ambassadeurs qu'il avait lui-même on France et en Angleterre fussent en lieu de sûreté. • (1'».)