LIVRE 11, CHAPITRÉ XVIII
ambassadeurs (*), la question est plus difficile, et elle a été traitée diversement par d'illustres esprits de ce siècle. Or, nous avons à parler de la personne des ambassadeurs, puis des personnes de leur suite, et de leurs biens. En ce qui concerne leur personne, les uns sont d'avis qu'en vertu du droit des gens les corps des ambassadeurs ne sont mis à l'abri que d'une violenee injuste; ils estiment, en ciïct, que les privilèges doivent élre interprétés sur le pied du droit commun. D'autres pensent que violence ne peut pas être faite à un ambassadeur pour toute sorte; de sujets, mais seulement si le droit des gens a été blessé par lui : ce qui s'étend assez loin, car dans le droit des gens le droit de nature est renfermé; de sorte que l'ambassadeur pourra être puni pour toute espèce de délits, à l'exception de ceux qui naissent du pur droit civil. D'autres restreignent cela ' aux choses qui se font contre la situation de l'État, ou la dignité de celui auquel l'ambassadeur est envoyé; il y a des personnes qui pensent (pic ce dernier parti même est dangereux, qu'il faut exposer ses plaintes à celui qui a envoyé l'ambassadeur, et l'abandonner à sa discrétion. Il y en a aussi qui pensent qu'on doit consulter les rois ou les nations qui n'y sont pas intéressés : ce qui peut être un effet de prudence, mais ne peut être un cll'et de droit.
Dr. des gens mod. de V Eur.> % 185, édit. Guillaumin, 181) î, l. Il, p, 36 ctsuiv.; Wkaiiion, Étém. du Dr. internat., édit. 1858, I. I, p. 188. On trouvera une liste fort utile dés principaux ouvrages relatifs aux agents du commerce diplomatique, dans Heffter, lib. et loc. citât. V. P. F.
(') Ménandre le Protecteur dit de l'empcrereur Justin 11 : « Il retint dans les fers, contrairement au droit des ambassades, les envoyés des Avares » (g). Voyez EttN. Cotiiman, Uesp. XXXII, li. 'i(J et suiv., I. Y. G,
1 u Cela, » c'est-à-dire le droit d'user de violence et de punir.
(a) C'est, nu contraire, le roi des Avares, qui fit mettre en prison les arabajh sadeurs île Justin II, comme le rapporte l'auteur grec. (B.)
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