LIVRE 11, CHANTRE XVI
soumis aux Koniains (*). Si le crime est plus atroce, et s'il tend au préjudice public, L'ambassadeur devra être renvoyé à celui qui l'a envoyé ("), avec la demande qu'il le punisse ou qu'il le livre, comme nous lisons que les Gaulois avaient demandé que les Fabius leur lussent livrés.
G. Mais ce que précédemment nous avons dit plusieurs iï)is,#que toutes les lois humaines sont de telle nature, qu'elles n'obligent point dans un cas d'extrême nécessité, cela aura lieu aussi à l'égard de la règle qui rend la personne des ambassadeurs sacrée. Assurément le point de cette nécessité ne consiste pas en ce qu'il faut punir — car il y a d'autres cas où le droit des gens exempte de la punition, comme il apparaîtra plus bas, lorsque nous traiterons des etï'cts de la guerre solennelle; — il consiste beaucoup moins en ce que les circonstances du lieu, du temps et de la manière de punir demandent qu'on exerce la punition; mais il consiste dans le besoin de se précautionner contre un grand mal, surtout un mal public. C'est pourquoi s'il n'y a pas d'autre moyen suffisant pour prévenir un péril imminent, les ambassadeurs pourront être retenus et interrogés. C'est ainsi que les consuls romains se saisirent des ambassadeurs de Tarquin
(*) C'est ainsi que Charles-Quint défendit à l'ambassadeur du duc de Milan, qu'il regardait comme son sujet, de s'éloigner de sa cour. Guiciiardin, liv. XV11I. ' G.
(**) Dion [Excerpt. légat.) raconte que « quelques jeunes gens étant venus de Carlluigc à Rome, en qualité d'ambassadeurs, et y ayant commis des insolences, ils furent renvoyés à Cartbage, et livrés aux Carthaginois; mais que ces derniers ne leur firent aucun mal, et qu'ils furent renvoyés sains et saufs » (a). Crotius.
(***) i'élopidas fui jeté eu prison par Alexandre, roi de Phèrcs, parce
(o) Il y a ici une méprise de Grotius, qui est relevée par Barbeyrac. Ces jeunes gens ne furent pas livrés aux Carthaginois — co qui n'aurait aucun sens— mais aux Romains; et ce Bout les Romains qui les ont renvoyés ^ans les punir. P. P. Y.