LIVRE 11, CHANTRE XV1I
les lois de tous les hommes (HÉRODOTE, Polymn.). « Si quelqu'un, dit Pomponius, a trappe l'ambassadeur des
ennemis, cet aete est réputé commis contre le droit des gens, parce que les ambassadeurs sont considérés comme saints» (/,. ult., Dig. De légation.). Et Tacite appelle le droit dont nous parlons : « le droit des ennemis, la sainteté des ambassades, le droit des nations» (Annal., lib. 1). Gicéron dit dans sa première Vcrrinc: «Les ambassadeurs ne doivent-ils pas être en sûreté parmi les ennemis publics? » Sénèquc dit dans son traité sur la Colère : « Il a, renversant le droit des gens, violé les ambassades » (Lib. III, cap. n). Il est dit par Tite-Live, dans l'histoire des ambassadeurs que les Fidénatcs avaient tués, que c'était un meurtre qui renverserait le droit des gens, un crime, une cause abominable, un massacre impie (Lib. IV). Et ailleurs: « Les ambassadeurs mis en péril, les droits mêmes de la guerre n'étaient plus respectés » (Lib. XXIV). «11 envoya, dit Quinte-Curce, des hérauts pour les forcer à la paix; mais les Tyriens, contre le droit des gens, les tuèrent et les précipitèrent dans la mer» (Lib. IV)... C'est avec raison, en effet; car il arrive plusieurs affaires, dans la guerre, qui ne peuvent être menées a bonne tin- que par ambassadeurs, et la paix elle-même ne peut guère se faire autrement.
VIL — On demande aussi ordinairement si un ambassadeur peut être mis à mort, ou maltraité en vertu du droit du talion, Lorsqu'il vient de la part de celui qui a commis quelque chose de pareil. Il y. a, en effet, dans les histoires, d'assez nombreux exemples d'une telle vengeance; mais c'est que les histoires rappellent nonseulement lçs choses qui ont été laites avec justice, mais encore celles qui l'ont été avec iniquité, colère, emportement. Le droit des gens pourvoit non-seulement à la dignité de celui qui envoie, mais aussi à la sécurité de celui qui est envoyé : c'est 'pourquoi on contracte aussi