LIVRE 11, CHAPITRE XX
'qu'eux-mêmes ils lui avaient lait les premiers. Les Platécns disent dans Thucydide : « Nous nous sommes venges à bon droit, usant de cette loi universelle qui autorise à repousser la force par la force. » Dans son discours contre Aristocrate, Déinosthèncs dit que c'est une loi commune parmi les hommes, qu'il nous soit permis de nous venger de celui qui nous ravit par la force nos biens. Et Jugurtha, dans Salluste, après avoir dit qu'Adhcrbal en avait voulu à sa vie, ajoute que le peuple romain a ne ferait rien d'honnête ni de juste, s'il l'empêchait d'user du droit des yens : » c'ost-à-dirc de se venger. Aristide l'orateur dit qu'il est approuvé par les poètes, par les auteurs de lois, par les proverbes, par les orateurs et par tout le monde enfin, « que l'on tire ven- (jeance de ceux qui ont commis une injure les premiers-» (Orat. pro quai. vir.). Ambroisc (*) loue Jes Macchabées de ce (pie, même le jour du sabbat, ils vengèrent la mort de leurs frères innocents (De offic.,\\b. I, cap.xL) [**). Le même répondant aux Juifs, qui se plaignaient gravement de ce (pie leur synagogue avait été incendiée par les chrétiens, s'exprime ainsi : « Si je me mettais au point de vue du droit des gens, je dirais combien d'églises les Juifs ont incendiées du temps de l'empire de Julien » [Épis t. xxix). Dans ce passage il désigne par droit des gens, le fait de rendre la pareille (***). Givilis, dans Tacite, ne parle pas dans un autre sens, lorsqu'il dit : «Quelle digne récompense j'ai reçue de mon labeur! La mort d'un frère, la prison, les cris féroces de cette armée qui voulut avoir ma tète, et dont le droit des gens veut que je tire vengeance)) (Ilisl., lib. IV).
(*) Voyez le même, dans son discours contre Symmaque. G.
(**) Voyez lostvnr.f llist. oui., lib. XIII, cap. i, au sujet de la vengeance que l'on lira de la mort de Jean, G.
(***) C'est ainsi que Tilc-Livc dit (lib. I) : « Comme les Laurcntins agissaient selon le droit des ^rcns... » G.