LIVRE II, CHAPITRE XX
commuai. C'est do là, selon Augustin, qu'on appelle justes les guerres qui se l'ont pour venger des injures (Lib. II, Quxst. x, Sup. Jos.) ; et Platon approuve que l'on fasse la guerre, « jusqu'à ce que ccjjx qui ont été en faute soient forcés de donner satisfaction, par leur châtiment, aux personnes inolTcnsives auxquelles ils ont fait du mal » (DcltepubL, lib. Y).
IX. — 1. L'utilité de tout le monde indistinctement, qui était la troisième (in ', a les mêmes côtés que celle qui regarde le lésé. Car, d'une part, il s'agit d'empêcher que celui qui a nui à un seul ne nuise à d'autres : ce qui a lieu en le faisant disparaître, ou en l'affaiblissant, ou en le contenant de telle manière qu'il ne puisse nuire, ou en le redressant; d'autre part, il faut empêcher que d'autres individus, amorcés par l'impunité (*), ne deviennent nuisibles à d'autres : ce qui s'obtient au moyen de supplices frappant la vue, que les Grecs appellent 7rapaô£iY[xaxa, les latins des exemples, et qui sont employés afin que la peine d'un seul soit l'objet de la crainte d'un grand nombre ; afin que par le genre du châtiment les autres puissent être intimidés — comme parlent les lois — « afin que les autres prévoient et craignent ce qui peut leur arriver, » comme dit Démosthènes (L. 7, God., Ad Leg. Fab. de plagiai*. ; L. 1, God., Ad Leg. Jul. repet.).
2. La jouissance de ce droit appartient aussi naturellement à chacun. C'est ainsi que Plutarque (**) dit qu'un
• La troisième fin qu'on doit envisager dans la punition. P. P. F.
(*) Polybc a vu des lions crucifiés pour les empêcher de dévorer les hommes; afin que les autres, par la crainte d'un châtiment semblable, fussent détournés de causer le même dommage. Pline, lib. VIII, cap. XVI. Grotius.
(**) Le même auteur dit dans la Vie de Pclopidas, que « la première et la plus ancienne loi, veut que ceux qui ne sont pas en état de se conserver eux-mêmes, se soumettent à ceux qui peuvent travailler efficace-
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